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Primes défiscalisées: les patrons pourront-ils la payer?

Le président de la République s'est adressé lundi soir aux Français après trois semaines de crise des "gilets jaunes". Il propose notamment une prime de fin d'année exceptionnellement défiscalisée pour les entreprises qui peuvent se permettre de l'octroyer. Suffisant ?

Emmanuel Macron a tenté de calmer le jeu lundi soir. Le président de la République a proposé quatre mesures sociales immédiates pour répondre aux revendications des gilets jaunes.

En plus de la suppression de la hausse des taxes sur les carburants, le chef de l'Etat a annoncé une augmentation de 100 euros du Smic, une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2.000 euros et la défiscalisation des heures supplémentaires.

Il a également demandé "à tous les employeurs qui le peuvent" de verser "une prime de fin d'année à leurs employés" qui, elle aussi, ne sera ni soumise à l'impôt, ni aux charges sociales.

"Je pense que tout le monde va adhérer à ce qu'il a dit"

Une mesure sur la base du volontariat, dont le versement est déjà jugé difficile vu le contexte économique, alertent déjà les représentants du patronat. Une prime au montant flou, le président laissera au Premier ministre le soin de la détailler à l'Assemblée nationale ce mercredi.

Des annonces qui vont dans le bon sens pour Sernin Marichal, chef d'entreprise, qui dirige des sociétés d'exportation près de Lyon.

"Ca va être l'Etat qui va faire les efforts. Il ne faut pas que ce soit les entreprises qui sont déjà pénalisées actuellement qui soient obligées de subir tout ce qu'il a annoncé ce soir. Il a dit "pour toutes les entreprises qui pouvaient", et surtout les PME, et qui ne paieront pas de charges."

Il livre un petit pronostic et pense que la majorité des entrepreneurs vont bien verser cette prime exceptionnelle. 

"Je pense que l'ensemble des patrons vont le faire. Je pense que tout le monde va adhérer à ce qu'il a dit."

Pour Christophe Bertrand, à la tête du chocolaterie avec 24 salariés, le timing de l'annonce laisse songeur.

"La fin de l'année, c'est demain. Avec ce qu'il s'est passé, on est déjà pas très bien, on n'est pas avantagé pour verser une prime. Mais, c'est une bonne idée, que j'essaierai d'appliquer. Maintenant, j'ai 24 fiches de paies et je ne veux pas que, demain, 24 personnes, s'imaginent que je vais donner 24.000 euros! C'est une bonne idée, mais pour la fin de l'année, c'est un peu court" sourit-il. 
Gwenaël Windrestin (avec J.A.)