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Projet de loi contre les séparatismes: pourquoi ce député s'attend à une "guerre de tranchées"

François Pupponi, député du Val-d'Oise et vice-président de la commission spéciale chargée de ce projet de loi, estime que les débats vont être animés à partir de ce lundi au Parlement.

Attention matière inflammable: les députés ouvrent lundi les débats en commission sur les 51 articles du projet de loi contre le séparatisme, un marqueur fort du quinquennat Macron qui, sur fond de lutte contre l'islamisme radical, touche à des sujets ultrasensibles. A l'ombre d'une actualité écrasée par la crise sanitaire, le travail de cette commission ad hoc, pilotée par l'ex-président de l'Assemblée nationale et ancien ministre François de Rugy, s'est jusqu'ici déroulé dans un "climat très serein" selon plusieurs députés de la majorité, avec un programme très dense d'auditions. Le calme avant le gros temps?

Plus de 1.700 amendements ont été déposés sur ce projet de loi "confortant le respect des principes de la République" en commission toute la semaine, en prélude aux débats dans l'hémicycle à partir du 1er février. Environ 300 ont été jugés irrecevables par la commission, selon un décompte lundi matin.

François Pupponi, député (Modem) du Val d’Oise, est le vice-président de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de "loi confortant le respect des principes républicains" aussi appelé projet de loi contre le séparatisme.

"Ca va être long"

Invité de RMC ce lundi, François Pupponi pense que les discussions risquent d'être animées.

"Ca va être une guerre de tranchées. Ca va être long. Le sujet est encore d'actualité."

Il estime que cette loi répond à une urgence, notamment parce que les réseaux lié à l'Islam radical s'infiltrent de façon organisée dans la société et estime qu'il faut des "moyens de contrôle plus efficaces".

"La difficulté de notre pays est qu'on vote des lois efficaces mais qu'on ne peut parfois pas les mettre en oeuvre par manque de moyens."

Parmi les amendements rejetés - qui font déjà beaucoup parler, celui de la N.2 du groupe LREM Aurore Bergé qui visait à interdire le voile pour les petites filles. La proposition de la députée des Yvelines et de son collègue Jean-Baptiste Moreau finalement jugée "sans rapport direct légistique avec le projet de loi", avait été très mal accueillie en interne où la perspective d'introduire une polémique sur le voile était perçue comme le moyen le plus sûr de faire dérailler le débat. 

Le projet de loi est censé traduire le discours d'Emmanuel Macron le 2 octobre aux Mureaux, où le chef de l'Etat avait présenté sa stratégie pour lutter contre l'islam radical, longtemps attendue. 

J.A.