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20% des opérations chirurgicales reportées: "On risque de devoir déprogrammer des interventions dont les patients ont vraiment besoin"

La direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé ce jeudi être "contrainte d'effectuer de premières déprogrammations" d'opérations chirurgicales "à compter de ce week-end", face à l'afflux de malades du coronavirus dans ses services de réanimation.

La situation se dégrade dans les hôpitaux. Avec plus de 25% des lits de soins critiques occupés par des cas de coronavirus, "les déprogrammations qu'on souhaitait à tout prix éviter sont désormais nécessaires" et l'AP-HP "sera contrainte d'(en) effectuer de premières à compter de ce weekend, pour pouvoir accueillir les patients Covid en réanimation", a expliqué l’APHP.

"On n’aura pas à déprogrammer comme on l’a fait au mois de mars où on a tout arrêté pendant deux mois. Les conséquences ont été extrêmement difficiles avec pour certains patients, une perte de chance (…) On a mis des semaines et des mois à rattraper", tempère Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP et invité de la matinale de RMC ce vendredi.

"Déprogrammer certaines opérations, qui entraîneraient le moins de perte de chance"

Cela représentera "environ 20%" des opérations prévues: "Aujourd’hui, on est dans une situation où on commence à voir arriver une saturation des services de réanimation donc on réfléchit à éventuellement déprogrammer certaines opérations, celles qui entraîneraient le moins de perte de chance".

Opérations de chirurgie esthétique, prothèse de hanche… ce sont les opérations considérées comme "non vitales" qui sont concernées par cette première vague de déprogrammation.

Pour autant, le médecin met en garde et affirme qu’il est nécessaire de "faire un peu plus" que ce que l’on fait aujourd’hui, pour éviter que la situation ne se dégrade trop dans les hôpitaux.

"Si on ne fait pas un peu plus, on va être dans deux, trois semaines, un mois, obligés de déprogrammer y compris des interventions dont les patients ont vraiment besoin. Il faut renforcer les mesures barrière comme le port du masque en lieu clos ou la distanciation sociale. Et puis on renforce le contact tracing".
Apolline Matin (avec C.P.)