RMC

300.000 élèves privés d'école à cause du coronavirus: comment s'organisent les cours à la maison?

Ecoles fermées ce lundi matin dans l'Oise et le Haut-Rhin pendant deux semaines. Décision annoncée vendredi soir par Edouard Philippe dans toutes ces zones fortement frappées par la contagion. Et ce dimanche a été décidée la fermeture également des établissements scolaires à Ajaccio, désormais considérée comme un foyer épidémique.

155.000 élèves sont concernés dans l'Oise, 127.000 dans le Haut-Rhin. Plus de 300.000 élèves sur les 12 millions scolarisés en France, de la maternelle au lycée n'iront donc pas à l'école ce lundi.

Des élèves, qui pourront suivre la classe à la maison, assure le ministre de l'éducation. "Chaque famille sera contactée", dit Jean-Michel Blanquer. La continuité pédagogique doit être assurée explique les autorités.

Deux plateformes possibles pour l'enseignement à distance

"Ne vous considérez pas en vacances": c'est l'un des messages adressés par un proviseur de l'Oise à ses enseignants. C'est également ce que rappelle le ministère de l'Education: les écoles sont fermées pour éviter le regroupement d'enfants, mais ça ne fait pas obstacle à la tenue de réunion de professeurs, ou de conseils de classes.

Porte clause donc pour les enfants, mais pas pour les enseignants, qui vont d'ailleurs être mis à contribution pour l'enseignement à distance. Là, il y a deux plateformes possibles sur internet: celles proposées par le Cned, le centre d'enseignement à distance, qui permet aux élèves, d'accéder à des contenus éducatifs, qui vont de la grande section à la terminale. Et puis, il y a la possibilité de créer des classes virtuelles, le cours peut se faire en visio-conférence. Les serveurs du Cned, peuvent supporter 6 millions de connexions simultanées.

"Je ne vais pas faire le programme qu’ils doivent faire en classe"

Pour les plus petits, les instituteurs ont été sollicités pour transmettre durant le week-end ou à partir de ce lundi, des conseils aux parents pour qu'ils planifient quelques moments éducatifs, comme une dictée, une séance de calcul ou simplement un peu d'art plastique.

Mais l'école à la maison, n’est pas évidente pour tout le monde. C'est samedi dernier, que Laura, maman d'une élève de CE2 a reçu un email de son école. 15 jours à la maison, son employeur lui a déjà validé ce congé spécial pour garder sa fille. Mais l'école à la maison ce n'est pas vraiment au programme: "Pas du tout, ce n’est pas mon travail. Elle est en CE2, elle prend ses livres et elle lit. Je ne vais pas faire le programme qu’ils doivent faire en classe".

Pourtant, la continuité pédagogique, c'est ce que souhaite instaurer les Académies. Miser sur les ressources en ligne, c'est trop ambitieux, pour Pierre Ripart, du syndicat d'enseignant FSU dans l'Oise

"Il ne faut pas imaginer qu’on sera derrière son ordinateur et sa webcam et qu’on aura en face de nous, un écran divisé en 25 avec les têtes de nos élèves. On n’est pas dans un film de science-fiction".

"L’enfance, c’est pas seulement l’école, c’est aussi les parents"

Alors, les instituteurs notamment vont donner ce lundi quelques consignes aux parents: "C’est lire des histoires, c’est manipuler, c’est faire des arts visuels, c’est donner des clés aux parents qui ne sont pas forcément outillés".

Les parents mis à contribution. C'est plutôt vertueux explique Michel Deniot, de la fédération de parent d'élève FCPE dans l'Oise.

"Il y a un côté positif: c’est que tout ça, ça doit permettre aux deux institutions, parentale et du personnel éducatif de se rassembler. L’enfance, c’est pas seulement l’école, c’est aussi les parents".

Ce représentant de parents d'élèves l'avoue malgré tout : c'est un immense challenge qui attend son département.

Thomas Chupin (avec C.P.)