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3e dose pas urgente? "Tant que le monde dit 'pauvre' ne sera pas vacciné nous ne serons pas à l'abri"

Invité de RMC ce mercredi, le professeur Gilbert Deray se dit "ennuyé" par la troisième dose de vaccin et estime qu'il faudrait plutôt vacciner les populations qui n'ont pas accès au sérum en priorité.

Une rentrée "à risques". Le professeur Gilbert Deray ne cache pas son inquiétude alors que la France se remet en ordre après la trêve estivale. Chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière et invité de RMC ce mercredi matin, il justifie cette inquiétude en rappelant que ce sont les enfants qui ont maintenant les taux de contamination les plus élevés dans cette pandémie qui n'en finit pas. 

"On sait qu'il va y avoir un énorme brassage qui est un vecteur de contamination des jeunes, et des adultes."

"Il faut globalement s'inquiéter des nouveaux variants à venir, ça c'est clair"

Il estime qu'il vacciner les jeunes le plus possible, améliorer l'aération dans les salles de cours et tester massivement, qualifiant au passage les désinformateurs de "criminels". 

"Il faut globalement s'inquiéter des nouveaux variants à venir, ça c'est clair. Car la pandémie n'est pas du tout terminée au niveau mondial. Le virus circule en quantité astronomique dans plein de pays. Pour le nouveau variant inquiétant on n'a pas de données qui permettent de dire que ce sera le prochain delta qui va nous poser des problèmes."

"Je suis ennuyé avec cette troisième dose"

Les questions autour d'une 3e dose se posent, alors que des millions de personnes n'ont même pas eu de première dose, et le professeur Gilbert Deray explique avoir encore des interrogations à ce sujet.

"Je suis ennuyé avec cette troisième dose. Oui, ça monte les anticorps de façon massive, ça c'est vrai. Est-ce que ça ralentit les hospitalisations et les décès ? Les données préliminaires qui viennent d'Israël disent que oui. 
Mais est-ce qu'il faut la faire pour tout le monde. Je ne sais pas. Ne faut-il pas la faire que pour les personnes fragiles ? Le monde dit "riche" est en train de manger tous les vaccins.
Tant que le monde dit "pauvre" ne sera pas vacciné nous ne serons pas à l'abri. On a entre deux et quatre fois de quoi se vacciner dans les pays riches, et nous gaspillons des dizaines de millions de doses. C'est un problème. Si on voulait s'organiser et vacciner le monde dit "pauvre", peut-être qu'on arriverait à contrôler cette pandémie."

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J.A.