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"Jamais le bon moment": critiqués, les médecins en grève se défendent, et menacent de continuer

Critiqués par le ministre de la Santé François Braun et par certains de leurs confrères à l'hôpital, les médecins libéraux en grève se défendent et assurent que ce n'est jamais le bon moment pour un mouvement social mais déplorent le silence du gouvernement.

Après les contrôleurs, c'est au tour des médecins généralistes de se mettre en grève pendant les fêtes. À l'appel de plusieurs syndicats et du collectif "Médecins pour demain", les praticiens sont invités à fermer leurs cabinets depuis lundi et cela jusqu'au 2 janvier. Ils réclament le doublement du tarif de consultation, de 25 à 50 euros et une amélioration de leurs conditions d'exercice.

Un mouvement critiqué par leurs confrères de l'hôpital et le ministre de la Santé François Braun alors que le Covid-19 et la bronchiolite menacent toujours et que l'épidémie de grippe prend de l'ampleur: "C'est une grève malvenue en cette période d'extrême difficulté pour le système de santé. Nous avons des institutions qui permettent de discuter et de régler les problèmes. On ne fait pas la grève avant de commencer à discuter", a déploré ce mercredi devant la presse le ministre de la Santé.

Une grève "à contrecœur"

"Il n'est jamais raisonnable de faire grève, et encore moins de la part des médecins", concède sur RMC et RMC Story le docteur Noëlle Cariclet, médecin psychiatre en grève et porte-parole du collectif "Médecins pour demain" qui évoque une décision "à contrecœur" et après "beaucoup de réflexion".

"Nous avons participé aux négociations conventionnelles avec la caisse d'assurance-maladie mais malgré nos propositions pour améliorer la qualité de travail des médecins et l'accès aux soins dans les déserts médicaux, nous n'avons eu qu'un échange mais plus aucune réponse", déplore la praticienne.

Le dialogue avec le gouvernement "complètement figé"

"Ce n'est jamais le bon moment mais nous sommes obligés de faire pression à cette période au moment des négociations", maintient Noëlle Cariclet. "Cela n'aurait aucun sens de le faire après ni même six mois avant". Quant à une grève, avec un brassard mais sans cessation d'activité comme certains urgentistes, "cela fait 30 ans qu'on le fait, on l'a fait tout le mois de décembre et ça ne sert à rien", assure la psychiatre.

Et la grève pourrait se poursuivre au-delà du 2 janvier, peut-être jusqu'au 5, à la date où les médecins libéraux grévistes ont prévu de manifester et où le ministre a prévu de les recevoir. Car Noëlle Cariclet l'assure, il n'y aucun échange avec le gouvernement: "C'est complètement figé. Et tant que c'est figé nous espérons", conclut-elle.

Selon le collectif Médecins pour demain, au moins 12.000 praticiens sont en grève. Et, parmi ces grévistes, 2 sur 3 ont fermé leur cabinet, les autres continuent à recevoir des patients en urgences quelques heures par semaine pour soulager les services hospitaliers en tension dans leur région, alors que le mouvement de grève touche tout le territoire.

Pour la suite du mouvement, Noëlle Cariclet "espère" que les médecins n'auront pas à renouveler l'appel à la grève, mais la laisse la porte ouverte à cette possibilité. "Ce mouvement est là pour durer", promettait même mardi sur le plateau des "Grandes Gueules" le Dr. Jérôme Marty.

Guillaume Dussourt