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A Dreux, 11 urgentistes démissionnent collectivement: "On arrive à des situations de burn-out"

Onze médecins urgentistes de l'hôpital de Dreux présentent une démission collective pour dénoncer leurs conditions de travail.

Ils ont décidé de taper fort. Onze médecins urgentistes sur le 15 que comprend le service ont décidé de présenter une démission collective pour dénoncer les problèmes récurrents qu'ils rencontrent depuis un an et demi.

Depuis leur dernière grève de l'été 2015, la situation n'a pas évolué selon eux. Les conditions de travail se seraient même dégradées. Afflux de patients important, mais aussi manque de lits et manque de personnel... Leur démission sera effective le 1er octobre 2017, le temps pour la direction d'agir.

Les médecins ont annoncé leur intention lors d'une assemblée générale, suite à la condamnation de l’établissement la semaine dernière en référé par le tribunal de Chartres. Celui-ci a invalidé les réorganisations effectuées par la direction au sein de son établissement.

"On a de plus en plus de patients qui restent 10 à 12h sur brancard"

Comme 10 de ses collègues, le docteur Djamal Bouhaddi, médecin urgentiste à l'hôpital de Dreux, a signé la lettre de démission collective. "Le nombre de médecins est insuffisant pour prendre en charge la totalité des patients qui se présentent. On n’a pas suffisamment de lits d’hospitalisation. On a de plus en plus de patients qui restent 10 à 12h sur brancard", raconte-t-il. 

Les urgentistes dénoncent aussi la réorganisation de leurs horaires de travail. Ils sont intenables, selon Béatrice Jaffrenoux membre du syndicat FO de l'hôpital. "Régulièrement les collègues travaillent trois week-ends de suite par mois. On arrive à des situations de burn-out des personnels, un taux d’absentéisme qui bat des records", assure-t-elle.

De son côté, la direction ne comprend pas la méthode employée par les urgentistes, et assure être à l'écoute de ses employés. Carole Festa est la directrice de l'hôpital. "En réalité c’est certainement e pour faire pression. Je pense que leur mécontentement en cette période de grippe est bien compréhensible, même si on peut regretter la forme qu’elle a prise". L'épidémie de grippe qui n'est absolument pas à l'origine de la contestation selon les urgentistes. Leur démission collective sera effective au 1er octobre 2017.

Anaïs Bouitcha (avec AM)