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"A l’intérieur personne ne met son masque": après le confinement les jeunes se ruent dans les bars et oublient les gestes barrières

Les jeunes n'ont qu'une envie cet été: s'amuser, profiter, danser. Après des mois de confinement, c'est la ruée dans les bars parfois jusqu'à très tard dans la nuit.

Les discothèques sont toujours fermées. Et elles ne rouvriront pas avant le 21 septembre a dit Olivier Véran. Un énorme manque à gagner pour les professionnels, surtout pour les établissements des stations balnéaires qui ne peuvent pas accueillir les estivants. Mais les bars, eux, sont bien ouverts. Même s’ils ferment plus tôt, certains ressemblent en tous points à des discothèques. 

Dans ce bar de la côte Atlantique, les videurs imposent le port du masque à l’entrée. Et les clients sont prévenus : il faut le remettre quand on se déplace dans le bar, sous peine d’être exclus. Mais est-ce que c’est respecté ? "C’était un peu absurde parce qu’au final à l’intérieur personne ne met son masque, on est 20.000 à faire la teuf”, "Tu vois la proximité, tu te dis, on part sur un cluster fort”, répondent Eugénie et Nicolas. 

Proximité notamment sur la piste de danse. Mais Céline et Audrey ont quand même vu quelques personnes qui se déplaçaient sans masque se faire rappeler à l’ordre. 

“La sécurité essaie de faire au maximum, mais c’est compliqué et c’est normal parce qu’il y a trop de gens. Et puis ce sont les gens qui vont se coller les uns aux autres, quand ils dansent, ils se rapprochent et la distance elle n’y est plus du tout”, affirment-elles. 

Colère des gérants de boîtes de nuit

À la sortie du bar, tous les clients sont d’accord, au niveau du respect des gestes barrières, c’est léger, mais Corentin l’admet, difficile de résister à l’appel de la fête.“On est en vacances, on a vécu deux mois de confinement, on a envie de s’amuser avec des amis, on se dit que ça ne va jamais nous arriver comme tout le monde. Le but, c’est juste de décompresser. Mais honnêtement les bars comme ça c’est comme les boîtes de nuit”, indique-t-il. 

Une situation que dénonce le président du syndicat des discothèques, Patrick Malvaes. 

“La seule condition pour pouvoir faire les discothèques aujourd’hui, c’est de ne pas être une discothèque. Si les boîtes de nuit avaient été ouvertes avec un bon protocole, les clients auraient été mieux protégés que là où ils sont livrés au n’importe quoi”, assure-t-il. 

Son combat, c’est surtout de décrocher des aides pour les boîtes de nuit fermées depuis le 15 mars.

Martin Cadoret et Maxime Lévy avec Guillaume Descours