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"Aberrant, incompréhensible": le coup de gueule des généralistes interdits de commander des vaccins cette semaine

Emmanuel Macron promet aux enseignants qu’ils pourront se faire vacciner à la mi-avril.

Emmanuel Macron promet aux enseignants qu’ils pourront se faire vacciner à la mi-avril. - AFP

Cette semaine, la commande de vaccins est réservée exclusivement aux pharmaciens, ce qui cause la colère des généralistes qui doivent décommander les rendez-vous de leurs patients.

Le coup de gueule des médecins libéraux qui ne peuvent pas commander de vaccin AstraZeneca cette semaine. La commande est "exceptionnellement ouverte aux seuls pharmaciens" a fait savoir lundi la direction générale de la santé. Une priorité donnée aux pharmacies "en raison du faible nombre de doses livré par le laboratoire" et pour permettre aux officines de commencer à vacciner à partir de lundi prochain.

Mais cette "pause" d’une semaine n’est pas du tout appréciée des syndicats de médecins dont certains (MG France, syndicat des médecins libéraux) demandent la démission de Jérôme Salomon le directeur général de la santé.

"Une décision aberrante, incompréhensible" pour la Confédération des syndicats médicaux français, qui met les médecins "dans l'obligation d'annuler des rendez-vous déjà pris".

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"Comment on peut en arriver là ? C'est insupportable"

A Marseille, Rémy Sebbah, médecin libéral et représentant de la confédération des syndicats médicaux français, ne digère toujours pas de devoir annuler ses rendez-vous de vaccination la semaine prochaine.

"J'ai prévu des groupes de dix et si je ne reçois pas les vaccins... On tombe sur la tête. S'il y a une pénurie n'enlevez les vaccins aux médecins en capacité de vacciner. Comment on peut en arriver là ? C'est insupportable."

Du côté du syndicat des pharmaciens des Bouches-du-Rhône, on se sent surtout pris en porte à faux entre médecins et gouvernement comme l'explique sa présidente Valérie Delescluse.

"Je pense qu'il ne faut pas opposer médecins et pharmaciens. On appelle l'ensemble des professionnels de santé à lutter. Après il y a un problème de pénurie, il faut s'organiser pour que tout en ait, mais il ne faut pas enlever à Jacques ce qu'on donne à Paul. Il faut que l'Etat s'organise."

Les pharmaciens ont prévu de commencer à vacciner dès le 15 mars prochain.

Lionel Dian (avec J.A.)