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Alzheimer: pourquoi la recherche n’arrive toujours pas à des résultats encourageants?

A l'occasion de la Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer, Bourdin Direct a reçu professeur Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, pour comprendre pourquoi les recherches sur la maladie sont si longues à obtenir des résultats.

C’est ce vendredi la Journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer, qui touche environ 900.000 Français, et 35 millions de personnes dans le monde. Le nombre de personnes atteintes devrait tripler d'ici 2050, conséquence notamment du vieillissement de la population. Une maladie qui fait peur, qu'on n'arrive toujours pas à traiter. Les laboratoires pharmaceutiques sont pour le moment démunis face à Alzheimer: depuis 16 ans, aucun nouveau médicament contre cette maladie neurodégénérative n'est arrivé sur le marché. Et aucun des 500 essais cliniques conduits depuis 2002 n'ont été couronnés de succès.

"On a affaire à l'organe le plus complexe du corps"

Pourquoi la recherche n’arrive toujours pas à des résultats encourageants? Bourdin Direct a posé la question au professeur Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. "On a affaire à l'organe le plus complexe du corps. Ça fait 20 ans qu'on commence à connaitre comment il fonctionne. Les thérapeutiques qu'on applique aujourd'hui reposent sur les recherches d'il y a 10 ans. Mais aujourd'hui on a fait des progrès remarquables. On s'est rendu compte d'une chose: au moment où l'on déclare les symptômes, la maladie a en fait déjà évolué depuis 20 ou 30 ans. Le cerveau a résisté, résisté, puis il ne peut plus résister et les signes apparaissent, donc arrêter la maladie à ce stade ne permettra pas de récupérer. C'est pourquoi on s'intéresse aujourd'hui à pouvoir détecter très tôt la maladie pour traiter au moment où le cerveau sera encore capable de récupérer. On fait des essais actuellement pour voir si justement on ne traite pas trop tard les patients jusqu'à présent". Les premiers résultats de ces essais seront connus en 2021, explique le professeur Amouyel.

P. G. avec J-J. Bourdin