RMC

Atteinte d'un cancer, Corinne s'est fait quitter:"Je n'étais qu'un objet sexuel, il n'aimait que mon apparence"

TEMOIGNAGE RMC - Dimanche marque la journée mondiale de lutte contre le cancer. Une femme sur 5 se fait quitter par son conjoint peu de temps après l'annonce de la maladie d'après une étude. RMC a rencontré Corinne. Diagnostiquée d’un cancer du sein, il y a 7 ans, son conjoint l'a quittée un an plus tard.

A deux jours de la journée mondiale de lutte contre le cancer, la mobilisation reste nécessaire prévient l'Institut National du Cancer. Selon les chiffres publiés jeudi par l’organisme, 400.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année en France, soit 1.100 nouveaux cas par jour. Chaque jour, 450 personnes atteintes de cette maladie perdent la vie.

En plus des traitements lourds, le cancer met à rude épreuve les relations de couple. Selon une étude publiée dans une revue spécialisée, une femme malade sur cinq se fait quitter après avoir été diagnostiquée. En comparaison, le taux de séparation s’élève à 2,9% lorsque c’est l’homme qui est malade.

"J'ai tout perdu"

Cette situation, Corinne Jacquot l'a vécue il y a 7 ans. Diagnostiquée d’un cancer du sein, son conjoint l'a quittée un an plus tard. Elle habite aujourd'hui avec sa maman et son fils à Nancy.

"Il m'a dit 'De toute façon tu n'a pas besoin de te faire soigner ni de prendre des médicaments, ça ne sert à rien, on s'en fiche'. Moi j'attendais qu'il me dise que tout allait bien se passer. Quand je me suis fait l'ablation, il radotait jour et nuit 'Si tu ne te remets pas le sein, je m'en vais'. Je n'étais qu'un objet sexuel, il n'aimait que mon apparence, je ne l'intéressais plus. Quand il y a soi-disant de l'amour, on a besoin qu'on nous tire vers le haut. J'ai perdu mon statut de femme en fait à cause de ce gars. Parce qu'en fait j'ai tout perdu."

Et l'histoire de Corinne ne fait pas figure d'exception, comme l'explique Emmanuel Jammes de la Ligue contre le cancer.

"Quand il y a des difficultés de couple, la maladie ne va pas les arrêter, bien au contraire. La maladie est un catalyseur de difficultés sexuelles, mais aussi psychologiques, sociales et environnementales à la cellule familiale."
Charlotte Peyronnet avec C. P.