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Aude: l'inquiétude et la colère des familles après la contamination d'enfants à l'arsenic

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Des familles entre incompréhension et colère dans la vallée de l'Orbiel (Aude). Des inondations ont touché la région en octobre dernier faisant remonter et diffuser dans la nature des produits toxiques venant d'anciennes mines.

L'inquiétude dans l'Aude. L'Agence régionale de santé (ARS) a expliqué que 38 enfants présentent un taux d'arsenic supérieur à la moyenne. En octobre dernier, la vallée de l'Orbiel avait été touchée par des inondations qui avaient charrié de l'arsenic entreposé dans une ancienne mine d'or à Salsigne. Cet incident pourrait expliquer ces résultats.

Fermée depuis 2004, l'exploitation pendant près d'un siècle de cette mine d'or, la plus importante d'Europe, a laissé plusieurs millions de tonnes de déchets toxiques, aujourd'hui stockés sur plusieurs sites aux alentours et dont le manque d'étanchéité est dénoncée par des associations.

Sur 103 enfants de 11 ans ou moins testés, 38 ont présenté un taux d'arsenic par gramme de créatinine supérieur à 10 microgrammes/gramme. Dix d'entre eux ont un taux supérieur à 15 microgrammes/gramme.

"C'est inimaginable. Personne ne nous écoute. Personne n'a examiné ma fille"

A Conques-sur-Orbeil, les familles s'inquiètent, et beaucoup de leurs questions restent sans réponse. Aurélie a fait faire le test à ses trois enfants et après avoir découvert que sa fille Lily, trois ans, avait un taux largement au dessus du seuil recommandé. Depuis ces résultats, c'est le flou total pour cette mère.

"Dans ma tête ça a tout de suite explosé. Je ne comprends pas qu'une enfant de trois ans puisse être contaminée, c'est inimaginable. Personne ne nous écoute. Personne n'a examiné ma fille."

Elle a donc pris une décision radicale, quitter le village.

"La seule solution c'est de fuir, je n'aurais quitté ce village pour rien au monde, mais je ne veux prendre aucun risque. Je n'ai pas envie de me réveiller un matin et de me dire que j'ai fait le mauvais choix."

"C'est simplement que l'on est au dessus d'une norme statistique", nuance un médecin

Si les enfants nécessitent une surveillance accrue, pas besoin de s'inquiéter davantage selon le docteur Jean-Jacques Morfoisse, directeur général adjoint de l'ARS d'Occitanie.

"Ce seuil n'a rien à voir avec une éventuelle toxicité ou une gravité. C'est simplement que l'on est au dessus d'une norme statistique. Dans ces résultats les deux tiers des enfants ont des résultats parfaitement en phase avec les résultats habituels de la population générale."

D'après l'ARS, ne nouvelle série de tests sera réalisée d'ici deux mois sur tous les enfants.

Margaux Boddaert (avec James Abbott)