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Augmentation du nombre de cas de coronavirus: "Si on n'a pas de renforts dans les prochains jours, la fatigue va se faire ressentir", alertent les soignants

Dans l'hôpital de Creil, il y a de plus en plus de patients positifs au Covid, mais aussi du personnel.

Un nouveau palier franchi ces dernières 24h dans le nombre de contaminations au Covid-19 en France. Selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France, ce sont 26 896 nouvelles contaminations qui ont été enregistrées. Un bond en avant conséquent alors qu'on avait dépassé pour la première fois, la veille, la barre des 20.000.

Les autorités sanitaires ont également enregistré 54 nouveaux décès. L'inquiétude est d'autant plus vive en Île-de-France. Le directeur régional de l'ARS, Aurélien Rousseau tire la sonnette d'alarme samedi sur Twitter. "6000 contaminations vendredi et jeudi en Île-de-France, une incidence qui bondit chez les personnes âgées, une positivité en hausse rapide. Un seul chemin : réduire drastiquement nos interactions sociales. Seules des millions de décisions individuelles peuvent désormais faire reculer le virus.

Les mots du directeur de l'ARS d’Ile-de-France qui résonnent même au-delà de la région, notamment dans le département frontalier de l'Oise, à Creil. Premier hôpital de France a basculé en plan blanc en février dernier.

Samedi soir sur le parking de l'hôpital, Lou aide soignante aux urgences termine sa journée pour l'instant ca va dit elle, mais appréhende le lendemain.

“On ne sait jamais à quoi s’attendre. Si on n’a pas de renforts ces prochains jours, qui je pense vont être compliqués, la fatigue va se faire ressentir”, explique-t-elle. 

L'attente du retour du plan blanc

Le service post-urgence a été de nouveau transformé pour les patients Covid. Les douze lits reversés sont occupés. Mais le covid ne touche pas que les patients. “Nos collègues sont de plus en plus nombreux à devenir positifs. On en a recensé une quinzaine aux urgences uniquement”, affirme Ludivine aide soignante. 

Des soignants rarement remplacés. Loïc Pen médecin urgentiste est lui-même confiné.

“Au-delà de ça, c’est un état d’esprit qui a changé. Autant en mars personne ne comptait ses heures, autant là, l’ambiance n’est plus celle-là. Déjà, les gens sont fatigués. Depuis le covid, on n’a pas récupéré. Et puis il y a une colère. On nous a dits, il y aura un monde d’après et on constate que ça ne change pas”, indique le médecin. 

Les soignants attendent que l'hôpital rebascule en plan blanc pour une meilleure gestion des patients covid.

Bettina de Guglielmo avec Guillaume Descours