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Bières, vins et spiritueux sans alcool: une bonne alternative pour le réveillon?

A la veille du réveillon du Nouvel an, les autorités multiplient les sensibilisations pour prévenir des accidents routiers dues à la consommation d'alcool. Fort heureusement, plus besoin de s'alcooliser pour passer un bon réveillon. Aujourd'hui, les boissons non alcoolisées sont une solution.

Les industriels se sont lancés à corps perdu dans un nouveau segment, les boissons désalcoolisées qui se vendent de mieux en mieux. Et même les brasseurs artisanaux s’y mettent. Les bières sans alcool existent depuis très longtemps mais ça fait quelques années seulement qu’elles cartonnent en France, avec une croissance des ventes à 2 chiffres pour Heineken, Kronenbourg ou Affligem. Les processus de production se sont beaucoup améliorés. Aujourd’hui, on brasse des bières dont le goût n’a plus rien à envier à celui de leurs cousines alcoolisées.

Et le vin sans alcool arrive également. Une hérésie pour les puristes, qui considèrent que ce n’est pas de la viticulture mais de la haute technologie accouplée au marketing. Qu’on soit pour ou contre, c’est un marché de niche qui marche très bien même si c’est encore tout petit petit. Cela représente une bouteille vendue pour mille bouteilles de vin classique, selon les chiffres du magazine LSA. Mais l’offre s’améliore: vins tranquilles ou vin effervescents, rosés, bio, il y en a pour tous les goûts. Les prix vont de 3 à 10 euros. Les marques s’appellent Festillant, d’Artigny, ou encore le Petit Béret, qui affirme vendre 90% de sa production à des jeunes. Seul obstacle : les qualités gustatives de ces breuvages, qui visiblement n’arrivent toujours pas à convaincre les connaisseurs.

Même les spiritueux s'y mettent

Plus incroyable encore, des spiritueux sans alcool font leur apparition. Il y a 20 ans, une marque espagnole avait lancé un whisky sans alcool, mais c’était trop tôt, le marché n’était pas aussi mature qu’aujourd’hui. Il y a aussi les anisés, c’est à dire les alternatives au pastis, auxquels on est beaucoup plus habitués en France.

Et enfin dernier exemple de ce succès pour le sans alcool: c’est Pernod Ricard, qui vient de lancer son gin sans alcool. Ou plutôt une boisson non alcoolisée aux saveurs de gin produite avec du genévrier comme le gin traditionnel. L’image de ces boissons s’améliore, le public cible rajeunit et se féminise.

Les boissons à base de thé ont la côte

Mais au rayon sans alcool, la grande mode du moment, ce sont les boissons à base de thé, car ce sont des boissons perçues comme plus saines, plus naturelles, moins sucrées. Même constat pour les citronnades. Il existe désormais des labels bios ou équitables et les industriels se frottent les mains car ils ont une vraie marge de progression en France. En effet chez nous, on boit 6 litres de thé glacé par an et par habitant en moyenne, c’est 2 fois moins qu’en Belgique et qu’en Allemagne et 5 fois moins qu’en Suisse.

Et les sirops aussi marchent bien. Ils ne se limitent plus aux enfants et les fabricants essayent d'attirer les plus grands avec des sirops bio ou sans sucre et des recettes aux colorants naturels. C’est compliqué, car les consommateurs disent stop aux produits chimique dans leur verre mais ils ne sont pas non plus prêts à avaler des boissons marronnasses. Donc certaines marques jouent sur l’origine des produits, comme le cassis de Bourgogne ou la fraise de Bretagne, et d’autres marques tentent aussi des parfums audacieux : spéculoos, rhubarbe, basilic ou pinacolada

Malgré l’engouement pour ces breuvages, la consommation d’alcool ne baisse pas en France

Les Français boivent en moyenne près de 12 litres d’alcool par an, selon les chiffres de Santé publique France. C’est 2 fois moins que dans les années 60, mais cette consommation stagne depuis 5 ans, tout comme la part d’abstinents, autour de 15% des Français. En fait, il y a un vrai changement culturel qui s’est opéré : si on boit moins régulièrement qu’avant, c'est-à-dire que le petit verre de vin à table n’est plus systématique, en revanche, lors des fêtes, on boit de grosses quantités. Mais alors si on vend plus de bières et de vins sans alcool mais que la consommation d’alcool ne baisse pas, qui sont les grands perdants de l’histoire ? Réponse, les sodas, trop sucrés, trop chimiques, ils sont mal perçus et se vendent de moins en moins.

Victor Joannin