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"C’est la psychose": la colère du maire de Carry-le-Rouet, la ville qui va accueillir les ressortissants français rapatriés de Chine

Deux cents personnes vont arriver en avion ce vendredi. Aucun n'est atteint par le coronavirus, mais ils vont devoir rester confinés et surveillés pendant 14 jours, le délai d'incubation du virus.

Les premiers ressortissants français rapatriés de Wuhan arrivent dans l'hexagone. Près de 200 Français installés à Wuhan, l'épicentre de l'épidémie de coronavirus, ont décollé cette nuit de Chine et devrait arriver à Istres à 12h30. Puis ils seront emmenés en bus à Carry-le-Rouet, station balnéaire proche de Marseille, dans un centre de vacances où ils seront sous quarantaine pendant 14 jours, le délai d'incubation.

Ils ne présentent pas de symptômes, mais vont être étroitement surveillés pour vérifier qu'ils n'ont pas contracté le coronavirus. Dans cette commune de 6000 habitants, l'arrivée de ces ressortissants fait naître beaucoup d'angoisses.

Au cœur de la pinède, à quelques pas des calanques, c’est dans ce centre de vacances que les familles de retour de Chine sont placées sous quarantaine. Ce qui n'est pas vraiment au goût du voisinage."Si en plus on doit se taper des maladies pour nos ressortissants ça ne va pas le faire. Le virus, il vole, il ne reste pas confiné", déclare une habitante. "Il y a toujours un risque. Il y aura quand même des intermédiaires entre les gens confinés et l’extérieur. C’est dommage que ce soit ici", ajoute un autre. 

Peu de risque de contamination

L'arrivée de ces ressortissants coïncide avec le lancement des oursinades. Quatre dimanches de fête et de dégustation d’oursins. Jean Montagnac, le maire de Carry-le-Rouet, ne décolère pas.

"Je suis un maire désemparé parce qu’être mis devant le fait accompli 48 heures avant de tels événements. Vous savez combien de personnes viennent par milliers pendant c’est quatre week-ends, c’est dramatique. C’est la psychose", s’emporte-t-il. 

Il explique qu'il a du rassurer sa population en expliquant bien que ces gens sont en bonne santé. "Ils ne sont pas malades, on est pas en Chine. Et surtout ce sont des Français", appuie-t-il. Il regrette cependant d'avoir appris que c'est sa ville qui allait devoir les accueillir très tardivement et par voie de presse.

"Nous avons dû agir dans l’urgence", reconnaît Pierre Dartout. Le préfet des Bouches-du-Rhône salue une opération de solidarité. "C’est aussi une opération d’intérêt national. 200 de nos compatriotes que l’on va prendre en compte par soucis de précaution", indique-t-il. 

L'Agence régionale de santé se veut rassurante. Les risques de contamination pour les habitants sont extrêmement faibles. 

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours