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"C'est plus calme qu'un mois d'août": les généralistes à la campagne, moins sollicités à cause du confinement

Depuis le début de l‘épidémie, quel est le quotidien des médecins généralistes à la campagne? Il n’est pas encore question d'une surcharge de travail, mais plutôt d’un bouleversement profond des habitudes.

A Milly-la-Forêt dans l’Essonne, pas d’afflux massif de patients dans le cabinet du docteur Molimard, loin de là. 

"Je suis à un tiers de mon activité habituelle. C’est plus calme qu’un mois d’août. Le confinement a certainement du bon sur les gastroentérites, sur les petites rhino-pharyngites qui empestent la vie des enfants d’écoles maternelles", explique ce médecin généraliste.

Pour ceux qui viennent consulter, le docteur Molimard a prévu un accueil rassurant: trois chaises seulement dans la salle d’attente et des patients qui entrent au compte goutte. "Il y a une inquiétude légitime de la part des gens. Ils ne veulent pas se retrouver dans une salle d’attente avec beaucoup de personnes".

"On doit en parler avec les gens parce que ne pas en parler serait hypocrite"

Et lorsqu’un patient arrive au cabinet avec de la toux et de la fièvre, c’est presque automatique, Jean-Marc Molimard pense au coronavirus: "Les symptômes sont tellement banals qu’on y pense tout le temps. On doit en parler avec les gens parce que ne pas en parler serait hypocrite. On n’est pas là non plus pour créer de la panique générale". 

Rassurer ses patients, mais aussi suivre l’évolution de leurs symptômes au quotidien: "On les appelle pour savoir s’ils vont mieux, je leur envoie un mail, j’en reçois. Les gens le font spontanément".

Mission qui pour l’instant reste gérable selon lui, même s’il le sait, le pic épidémique met toujours un peu plus de temps à arriver à la campagne qu’en ville.

Romain Poisot (avec C.P.)