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"Ça a semé le doute en moi": certains professionnels de santé refusent toujours de vacciner les femmes enceintes

Depuis une semaine, la vaccination contre le Covid-19 est ouverte à toutes les femmes enceintes. Mais certains professionnels de santé refusent de réaliser les injections. De quoi semer le doute chez les principales intéressées quant aux éventuels risques.

Sur recommandation de sa gynécologue Marion, enceinte de 6 mois prend un rendez-vous pour se faire vacciner plutôt confiante: "Je me suis dit que la ligne de conduite était claire et que les femmes enceintes pouvaient bien se faire vacciner". Mais en arrivant à son rendez-vous la semaine dernière dans la pharmacie à côté de chez elle, le pharmacien lui dit tout l’inverse :

"Le pharmacien a refusé de me vacciner. Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas me dire ça, que j’avais besoin d’avoir confiance. Il m’a dit qu’il ne voulait pas prendre la responsabilité et a appelé une collègue qui a confirmé qu’elle aurait fait pareil. Je dois avouer que ça m’a fait vaciller, ça a semé le doute en moi", raconte-t-elle à RMC.

Car si une réserve était émise depuis le début de la campagne de vaccination chez les femmes enceintes pendant leur premier trimestre de grossesse, les études récentes ont permis de lever les doutes et depuis la semaine dernière, la vaccination est ouverte à toutes les femmes enceintes.

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"Je n’arrive plus à savoir aujourd’hui quelle est la balance bénéfice/risque"

Après le refus de son pharmacien, Marion a mis quelques jours pour rebondir avant de prendre un nouveau rendez-vous. Mais elle est désormais nettement plus soucieuse qu'au premier essai: "Je n’arrive plus à savoir aujourd’hui quelle est la balance bénéfice/risque aujourd’hui pour une femme enceinte. Ce qui me fait pencher pour la vaccination aujourd’hui c’est le pass sanitaire".

Ces refus et ces messages contradictoires n'ont pas lieu d'être s'insurge Joëlle Belaisch-Allart, la présidente du collège national des gynécologues et obstétriciens français : "Il est anormal et indécent que des professionnels aillent à l’encontre des recommandations officielles. Dans les premiers temps, elle n’était pas indiquée pour les femmes enceintes mais ce n’était qu’un principe de précaution qui n’a pas lieu d’être".

"Il y a maintenant un certain nombre de publications qui sont formelles. Il n’y a pas plus de fausses-couches, d’accouchements prématurés, ça s’est bien montré dans les pays étrangers surtout si le virus est contracté lors du dernier trimestre de la grossesse", assure-t-elle.

Selon une étude anglaise, la quasi-totalité des femmes enceintes hospitalisées au Royaume-Uni à cause du virus n’avaient reçu aucune dose de vaccin. Toujours selon cette étude, près de la moitié des femmes enceintes hospitalisées avec le variant Delta ont fait des formes graves.

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Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)