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Carnaval polémique à Marseille malgré le Covid-19: "Se retrouver, ça a fait du bien à tout le monde", assume un festivalier

Les images ont choqué, mais ce festivalier assume sur RMC d'avoir fait la fête dans les rues de Marseille dimanche.

Au moins 4 auteurs de violences et dégradations à l’issue du carnaval de la Plaine ce dimanche à Marseille devraient être jugés aujourd’hui en comparution immédiate. Lundi, l’adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité a annoncé avoir déposé plainte après les dégradations commises en marge de l'évènement. Il y en aurait pour 100.000 euros de dégâts.

La manifestation non-déclarée a rassemblé près de 6.500 personnes, déguisées, pour certaines masquées, pour d’autres non. Elle s’est terminée par des dégradations sur le chantier de réhabilitation du quartier et par une intervention de l’ordre.

De Gérald Darmanin au maire de Marseille, Benoît Payan, les condamnations ont fusé depuis, qualifiant le défilé "d’acte irresponsable" de la part de participants "égoïstes" en pleine crise sanitaire.

Ce carnaval qui se veut contestataire, opposé à la gentrification d’une partie du centre-ville, existe depuis plusieurs années mais l’édition 2020 n’avait pas eu lieu.

"On a tendance à accuser le coup quand on ne fait pas grand chose"

Julien, 27 ans, en chômage partiel, a défilé ce dimanche pour faire la fête et rompre l’isolement assume pleinement sa participation.

"Ca fait un moment qu'on peut rien faire. Là on était en plein air, on a fait la fête. On a tendance à accuser le coup quand on ne fait pas grand chose. Là se retrouver, ça a fait du bien à tout le monde. Ca donne un peu d'espoir."

Mais ce défilé était aussi un acte militant.

"J'espère que ça peut envoyer un message aux dirigeants et j'espère que ça permettra de voir s'il y a des problèmes niveau Covid-19 et voir si on pourra organiser des choses en plein air plus régulièrement."

"On peut être rebelle et responsable"

L’adjoint à la culture de Marseille, Jean-Marc Coppola, dit comprendre les motivations des carnavaliers mais condamne certains comportements

"C'est évident que devant les frustrations dues à l'isolement et aux confinement répétés, c'est un peu la soupape de décompression. Mais elle se fait un peu n'importe comment. On ne peut pas accepter qu'il n'y ait pas de gestes barrière, de non-port du masque, des dégradations de biens publics. On peut être rebelle et responsable."

La mairie de Marseille a déposé plainte suite aux dégradations en fin de cortège estimées à 100.000 euros.

Lionel Dian (avec J.A.)