RMC

"Ces pratiques sont illégales": ces laboratoires qui font payer pour des tests Covid-19 plus rapides

Alors que les délais s'allongent pour obtenir les résultats des tests de dépistage du Covid-19, certains laboratoires proposent de faire payer les patients pour obtenir un retour plus rapide.

Une file d’attente à perte de vue devant un laboratoire de Saint Denis. Dans la queue, Saïda attend patiemment son tour pour se faire tester lorsqu'un un employé du laboratoire sort alors à la rencontre des patients: "Je suppose que c'était un infirmier il était habillé en blanc et il proposait aux gens d'avancer 100 euros pour avoir le test en deux heures. J'ai trouvé ça honteux donc je suis parti", explique-t-elle au micro de RMC.

Une proposition scandaleuse pour certains, une solution de dernier recours pour d'autres: "On est un peu contraints", assure un homme qui a déboursé 100 euros pour son test. "On m'a dit que pour 100 euros, je l'avais en moins de 24 heures, je l'ai eu en moins de deux heures".

Obtenir un test au plus vite pour rentrer en Tunisie dès demain, c’est aussi pour ça que Meissa se dit prête à payer. Elle est obligée de fournir un test négatif de moins de 72 heures et si elle ne paie pas, elle a peur de rater son vol:

"Je ne connais pas la réglementation française mais si un laboratoire affiche que l'on doit payer 100 euros, pour moi c'est légal. Ce n'est pas éthique de leur part mais ce n'est pas non-éthique de ma part. L'essentiel c'est d'avoir un test négatif".

"Cela donne une très mauvaise image de la profession"

Mais pour beaucoup de professionnels du secteur, faire payer l’accès facilité à un test reste inacceptable. Arthur Clement, membre du Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux, condamne cette pratique:

"Cela donne une très mauvaise image de la profession. Ce sont des pratiques qui ne sont pas légales, dans un contexte où les tests peuvent être pris en charge par la sécurité sociale gratuitement. On doit respecter des impératifs sanitaires et non économiques, prendre en charge des patients qui en ont réellement besoin pour ralentir la propagation du virus. Et les patients qui en ont besoin sont les patients dont le résultat du test pourra casser les chaînes de transmission, c'est eux qui doivent bénéficier du test en priorité et on ne doit pas faire de priorisation sur des arguments économiques"".

Pour accélérer la détection des cas, le gouvernement vient d'autoriser les tests rapides "antigéniques » qui permettent d’obtenir un résultat en 30 minutes. Des tests réservés aux personnes sans symptômes et qui ne sont pas cas contact.

Juliette Pietraszewski (avec Guillaume Dussourt)