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Christophe Barbier sur la gestion de la crise Covid-19: "Nous avons mis la santé et la vie au-dessus de tout, est-ce que c'était le bon choix?"

Dans les "Grandes Gueules", sur RMC, Christophe Barbier a regretté que le choix sanitaire l'ait trop emporté sur le choix économique pendant cette pandémie.

Christophe Barbier était l'invité du "Grand Oral" des Grandes Gueules. L'éditorialiste a évoqué l'épidémie qui sévit toujours dans le monde. Il se pose la question de savoir s'il fallait être aussi prudent en confinement le pays entier. 

"Nous ne supportons plus l’idée de notre propre mort"

Devait-on à tout prix mettre à mal notre économie afin de sauver le plus de monde possible? Pour Christophe Barbier, c'est loin d'être évident. La mort est, pour lui, presque devenu trop tabou. 

"Nous ne supportons plus la mort, nous voulons la chasser. Nous ne supportons plus l’idée de notre propre mort, on se croirait tous immortels. Nous sommes à une époque où une partie de l’humanité rêve du transhumanisme et rêve de la vie éternelle. On nous élève un peu dans ce mythe là et on se dit : 'tiens, pourquoi pas moi'", explique-t-il.

"À force de mettre la survie au-dessus de tout, on n’a peut-être abdiqué sur des choses plus essentiels"

L'éditorialiste explique qu'être trop frileux vis-à-vis de la mort, on ne prend aucun risque et on ne progresse pas. 

"Donc nous avons mis la santé et la vie au-dessus de tout, résume-t-il. Est-ce que c’est le bon choix? Albert Camus, en 1948, fait dire à l’un de ses héros de l’état de siège, 'ma vie n’est rien. Ce qui compte, ce sont les raisons de ma vie'. Et si on considère que la santé est au-dessus de tout, que survivre est au-dessus de tout, on n’entre pas dans la Résistance en 1940, on essaye pas d’aller sur la Lune, on explore pas un autre continent...".

Pour lui, "à force de mettre la survie, la santé, l’existence au-dessus de tout, on n’a peut-être abdiqué sur des choses plus essentiels: défendre la liberté, des valeurs, des causes, la culture".

"Jusqu’où est-on prêts à la soumission au nom de la solidarité"

Christophe Barbier tempère cependant et rappelle qu'il ne s'agit pas d'être "des kamikazes". "Jusqu’où est-on prêts à prendre des risques? Des risques qui sont calculés, il ne s’agit pas d’être des kamikazes. Bien sûr, il faut se protéger, protéger les autres".

"Mais est-ce qu’on doit renoncer à aller au théâtre, à aller au restaurant, à aller embrasser ceux qu’on aime, uniquement parce qu’on nous a dit: "attention, c’est dangereux pour vous et pour les autres".

"Je ne pousse pas à la rébellion et à l’incivisme des gens qui se moquent des mesures sanitaires. Mais jusqu’où est-on prêts à la soumission au nom de la solidarité?" a-t-il enfin interrogé sur RMC.

Maxime Trouleau