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Colère après le reconfinement de certains Ehpad: "On nous interdit de voir nos enfants, je pleure tous les jours", s'émeut une résidente

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Malgré l'appel du gouvernement de ne plus confiner les Ehpad, nombre d'entre eux ont décidé de mettre fin aux visites en raison d'une crainte d'une seconde vague.

"Un nouveau confinement ne serait plus toléré" dans les Ehpad affirme Brigitte Bourguignon hier. La ministre déléguée chargée de l'Autonomie plaide plutôt pour un dépistage "systématique" et un isolement "ciblé" des résidents.

Pourtant, après de nouveaux cas de contamination au Covid-19, plusieurs Ehpad en France ont dû refermer leurs portes aux visiteurs et reprendre des mesures draconiennes.

"Ma maman, ce n’est pas un chien !"

C'est le cas de l'Ehpad Huguette Valsecchi dans le 15ème arrondissement de la capitale. Cet établissement a pris la décision de reconfiner ses résidents depuis le 12 aout après la découverte de 3 cas positifs.

"On en réduits à des appels. Vous vous rendez compte ?, lance Sabrina, les larmes aux yeux. Ce n’est pas indigne ? Ce n’est pas inhumain ? Ma maman, ce n’est pas un chien !".

Enfermé dans cette Ehpad, sa mère explique vivre "un cauchemar. On est séquestrés dans nos chambres et, en plus, on nous interdit de voir nos enfants et ça, c’est terrible. J’ai l’impression de ne pas survivre, je pleure tous les jours. Il faut nous aider".

"Personne ne pourra les reprocher d’avoir laissé entrer le virus"

La décision d’un reconfinement prise par certains directeurs d’EPHAD s’explique par leur peur d’être poursuivi pénalement selon Claudette Brialix, présidente d’une association d’aide aux personnes âgées.

"Lorsque le risque revient et qu’ils savent qu’en plus ils ne peuvent plus en demander plus à un personnel déjà épuisé, ils préfèrent confiner en se disant que personne ne pourra les reprocher d’avoir laissé les portes ouverts et d’avoir laissé entrer le virus".

Pour elle, la solution passe forcément par une concertation avec résidents et familles avant toute prise de décision. 

Florian Chevallay et Julie Dubois (avec Maxime Trouleau)