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Confinement des non-vaccinés en Autriche: la même chose est-elle possible en France?

Face au retour de l'épidémie, l'Autriche reconfine les non-vaccinés. Et cette décision pourrait donner des idées au gouvernement français alors que la cinquième vague de Covid-19 risque de toucher à son tour la France dans les prochaines semaines.

En Autriche, il faut désormais deux doses de vaccin pour sortir de chez soi, alors que les nouveaux cas de Covid-19 remontent rapidement dans le pays. Conséquence, le gouvernement a choisi de confiner les non-vaccinés, alors que seule 65% de la population est doublement vacciné. Et la cinquième vague qui touche l'est et le nord de l'Europe pourrait bientôt frapper la France. De quoi faire craindre le retour de nouvelles restrictions sanitaires dans le pays.

Mais avec 75% de sa population complètement vaccinée, la France fait figure de bon élève en Europe et pas question de copier sur l'Autriche selon Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille: "Cela ne réduira pas le risque, cela ne réduira pas la circulation chez les personnes qui elles seront non-confinées. Cela réduira seulement la charge des hôpitaux et encore. Cela s'avérera injuste et n'aura pas l'effet escompté". D'autant que parmi les personnes non vaccinées, "il y a des gens qui ne se feront jamais vacciner, d'autres qui hésitent et encore d'autres qui n'ont pas accès à la vaccination pour des raisons de distance, ou d'incapacité à fonctionner sur internet".

3 obstacles français à un confinement pour les non-vaccinés

L'Institut Pasteur avait pourtant réfléchi en septembre dernier à des mesures de contrôles ciblées. Mais la mise en place d'un confinement à l'autrichienne semble irréalisable. Pour Philippe Moreau Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences-Po, trois obstacles se dressent:

"Le premier, c'est un obstacle légal. Il faut s'assurer que ce n'est pas en contradiction avec l'égalité devant la loi qu'est très forte chez nous. En second, politiquement cela va allumer tellement de feux en même temps, avec les antivax qui vont probablement redoubler le mouvement des gilets jaunes et remettre le couvert sur pleins de conflits qu'on avait réussi à dépasser avec le pass sanitaire. Enfin, troisièmement, on ne sait pas si les forces de l'ordre auront les moyens de contrôler un tel confinement".

Et pour l'instant, la majorité présidentielle "ne souhaite pas" un reconfinement des Français non vaccinés contre le Covid-19, même si "toutes les hypothèses sont sur la table", a assuré ce lundi le chef des députés de La République en Marche et ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner:

"Nous ne le souhaitons pas, et nous devons tout faire pour empêcher que nous ayons besoin d'aggraver les moyens de protection des Français", a-t-il assuré ce lundi sur France 2. "Une dizaine de pays européens connaissent une tension extrêmement forte sur ce sujet avec une reprise épidémique, et la France n'est pas à l'abri d'une nouvelle vague", a-t-il ajouté.

En Autriche, les contrôles se feront de manière aléatoire dans la rue, mais le ministère de l'Intérieur a reconnu être face à un véritable défi. Les contrevenants s'exposent à une amende de 500 euros. Ce confinement doit durer au moins dix jours. Le gouvernement espère ainsi qu'il accélérera la vaccination. Dans le pays un Autrichien sur trois n'a toujours pas reçu ses 2 doses.

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Garance Munoz (avec Guillaume Dussourt)