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Coronavirus: des centres "drive" de dépistage se multiplient en France, comment ça marche?

Coronavirus: des centres "drive" de dépistage se multiplient en France, comment ça marche?

Coronavirus: des centres "drive" de dépistage se multiplient en France, comment ça marche? - RMC

Docteur Thomas Hottier, médecin biologiste et gérant du groupe Inovie, était l'invité de RMC. Il répondait aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

"Testez, testez, testez", martèle l'OMS pour combattre le coronavirus. Mais tester qui et pourquoi? Efficace dans un pays-modèle comme la Corée du Sud, la stratégie de dépistage massif ne peut pas s'appliquer partout de la même manière en l'état actuel des choses, soulignent des experts.

Les tests actuels, dits RT-PCR, permettent de dire qu'un malade est infecté au moment où on les réalise. Basés sur une analyse génétique, ils nécessitent un prélèvement en introduisant profondément un écouvillon (long coton-tige) dans le nez du patient. Le résultat tombe en quelques heures.

En France, plusieurs laboratoires en France ont opté pour ce système du dépistage par prélèvement nasal réalisé au volant.

200 personnes testées en 2 jours

Sur RMC, Thomas Hottier, médecin biologiste, a indiqué le "mode d'emploi" de ces "drives". Gérant des laboratoires Inovie, qui regroupent 74 cabinets dans plusieurs départements notamment du sud de la France, il a mis en place ces tests depuis la voiture à Arles, Nîmes ou encore Béziers. 

"Nous en sommes aujourd'hui à six dans la zone sud et 40 qui sont en fonction dès aujourd'hui à travers la France" précise-t-il sur RMC. "L'idée était simple: répondre à la demande des personnels de santé d'être dépistés et organiser ainsi un système dédié pour améliorer et accélérer le dépistage et protéger les équipes".

Et de préciser que "ces tests ne sont aujourd'hui accessibles uniquement qu'au personnel soignant au sens large présentant des symptômes évocateurs du Covid-19, prescrits par un médecin et remboursés par la Sécurité sociale". Impossible pour des particuliers de venir se faire dépister sans prescription médicale. 

Le déroulé est simple: après un coup de fil et l'ordonnance, il suffit d'ouvrir la vitre et de se laisser faire. "Vous avez un rendez-vous, vous venez avec votre voiture. Et vous y restez. Il faut limiter les contacts entre le patient et la personne du laboratoire". Un soignant tend un "gros coton-tige" à mettre dans le nez, puis remis dans un tube hermétique. "Cela prend 2-3 minutes et vous repartez" affirme Thomas Hottier.

"On adapte la demande à nos capacités"

Le prélèvement est enfermé dans trois sachets hermétiques, puis envoyé dans un laboratoire d'analyses spécialisé. Les résultats seront accessibles 24 à 48 heures plus tard, par téléphone, courriel ou en se connectant avec des codes sur une plateforme. En seulement, deux jours, plus de 200 personnes ont ainsi déjà été dépistées pour la seule ville de Montpellier: "On a à peu près 20% de personnes positives" indique Thomas Hottier.

Alors à quand pour toute la France? "Aujourd'hui, la difficulté est la production des tests et du manque de matériel de protection. On adapte la demande à nos capacités et on élargit de façon ponctuelle, comme pour certains malades graves". 

Ces dernières semaines, la Corée du Sud a été citée en exemple: campagne massive de dépistage (environ 300.000 tests réalisés), isolement des personnes infectées et traçage technologique (via la vidéosurveillance, l'utilisation de leur carte bancaire ou de leur smartphone) pour retrouver puis tester les gens avec qui elles ont été en contact.

Xavier Allain