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Dépistage massif, confinement… Quelle est la politique des autres pays face au coronavirus?

La France devrait rester en confinement encore au moins 5 semaines, jusqu’au 28 avril. C’est la préconisation faite mardi par le conseil scientifique. Dans le monde, le confinement concerne désormais près de la moitié de la population.

L’obligation de rester à la maison touche désormais 3 milliards d’habitants de la planète. Trois milliards sur les 7 milliards que nous sommes. Confinement imposé dans une cinquantaine de pays, plus ou moins strictement, dont presque la totalité de l'Europe, et la plus grande partie des Etats-Unis.

Et depuis mardi soir, confinement général dans le deuxième pays le plus peuplé du monde: l’Inde et ses 1,3 milliard d’habitants. Le pays est pourtant officiellement peu touché. Seulement 519 cas et 10 morts. Mais la catastrophe se rapproche et le premier ministre a supplié les Indiens de ne plus mettre un pied dehors pour au moins trois semaines. 21 jours, a-t-il dit, pour ne pas se retrouver 21 ans en arrière.

En Chine, la liberté de circuler a été en grande partie rétablie mardi dans la province du Hubei et elle le sera dans quelque jours à Wuhan, l’épicentre de la pandémie.

Certains pays ont choisi de ne pas se confiner

La Corée du Sud, Singapour, les Pays Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse ont choisi de ne pas confier leur population. Avec des motivations différentes: il y a les pays qui ont fait le choix des tests de dépistage massifs, accompagnés de strictes mesures d'isolement pour ceux qui sont positifs, mais sans restriction de circulation pour les autres.

Le pays qui a le mieux réussi cette politique, c’est la Corée du Sud qui était pourtant au début le deuxième pays le plus touché. Dès les premiers jours, Séoul a commandé des tests de façon industrielle. Et on a très vite testé jusqu’à 20.000 personnes par jours. Des méthodes policières ont été utilisées pour identifier les malades et les forcer à rester chez eux. Résultat spectaculaire: le pic est passé et l'épidémie régresse. La Corée ne compte que 100 morts en tout.

Singapour a mené le même type de politique avec les mêmes résultats. Pas de confinement mais une surveillance électronique étroite des malades. Appelés plusieurs fois par jour par la police en vidéo pour vérifier qu’ils ne sortent pas. Mais pas de confinement pour les autres. Et pour l’instant, aucun mort à Singapour.

En Islande, dépistage gratuit pour tous

L’Islande a aussi choisi, la méthode des tests de dépistage massifs. Pas de confinement, fermeture des lycées mais pas des collèges ni des écoles primaires. Les restaurants et les bars de Reykjavik sont ouverts. Mais le dépistage gratuit et sans ordonnance pour tous. 10.000 personnes ont déjà fait le test. Cela représente 3% de la population de cette petite île.

Les Islandais sont les seuls au monde à dépister tout le monde, pas seulement les cas suspects. Et pour l’instant, 1% des personnes testées sont positives. Les scientifiques du monde entier vont suivre de près l’expérience islandaise.

Politique d'immunité collective

D’autres pays européens n’ont pas choisi le confinement, pour volontairement laisser le virus circuler. C’est la politique des Pays-Bas et de la Suède. La politique de l’immunité collective: laisser circuler le virus pour que la population finisse par s’auto-immuniser. Avec le risque d’avoir beaucoup de morts dans un premier temps, mais l’espoir d’être mieux protégés si l’épidémie devait revenir en plusieurs vagues. Un choix contesté par l’OMS. Choix que la Grande-Bretagne avait aussi fait avant d’y renoncer et de se confiner.

Mais pour le moment en Suède et aux Pays-Bas, tout le monde -ou presque- travaille normalement. On va au cinéma, au théâtre ou au restaurants à Stockholm. Un peu moins à Amsterdam.

Pour les pays qui ont choisi le confinement, la méthode pour le faire respecter est le même: par des amendes. 135 euros en France, 1.500 en cas de récidive. 3.750 euros à la quatrième récidive. En Italie, c’est 206 euros, mais jusqu'à 12 ans de prison pour quelqu’un qui sortirait en se sachant malade et contagieux.

En Espagne, 600 euros d'amende mais jusqu'à 30.000 en cas de désobéissance à un policier ou bien en cas de fausses informations sur son identité. En Bavière, 25.000 euros d’amende pour une sortie non justifiée. En Norvège, 1.200 euros d'amende pour ceux qui ont rejoint leur résidence secondaire à la campagne car c’est interdit. En Autriche 2.000 euros si vous faites jouer votre enfant dans une aire de jeux. Et en Afrique du Sud, c’est l'armée qui vient de se déployer dans tout le pays pour faire respecter le confinement. Donc à Johannesburg, ce n’est pas une amende que vous risquez si vous sortez, c’est plutôt une balle dans la tête.

Nicolas Poincaré