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Coronavirus: "Dès que l'aéroport est ouvert, je fonce et je rentre": l'inquiétude des Français de Wuhan

TÉMOIGNAGE RMC - Ce vendredi matin, au moins 800 personnes sont contaminées par le coronavirus en Chine avec un bilan qui est monté à 26 morts, dont deux hors de la région du foyer de l'épidémie, Wuhan. Une ville confinée où les Français qui y vivent sont inquiets.

La Chine a confirmé vendredi un deuxième mort du nouveau coronavirus en dehors de la zone à l'épicentre de l'épidémie, qui a tué au total 26 malades. Le nombre de cas de contamination confirmé atteint désormais 830, et le nombre de cas suspects dépasse le millier, a annoncé vendredi matin la Commission nationale de la santé chinoise.

A Wuhan, foyer de l'épidémie, les habitants se retrouvent coupés du monde. Dans cette mégapole de 11 millions d'habitants vivent plusieurs centaines de Français.

Et pour cause: cette ville est même considérée comme la "porte d’entrée française" en Chine. C’est à l’époque du Général de Gaulle qu’il a été décidé de faire de Wuhan un modèle de la coopération franco-chinoise. Et 50 ans plus tard: de nombreux fleurons français sont implantés là-bas, comme PSA, présent depuis 1992 avec trois usines ou Renault qui a inauguré en 2016 une entreprise pour fabriquer des SUV. Alstom, Seb, L’Oréal ou Total sont aussi installés dans cette ville à un endroit stratégique… à la même distance de Pékin, Canton et Shanghai. 

"Plus de bus, plus de métro, plus de train, et interdiction de sortir de la ville"

Ils prennent leur mal en patience, partagés entre résignation et inquiétude.

William est installé à Wuhan depuis quatre mois. D'habitude ce Francais de 27 ans mange rarement chez lui. Avec le confinement il dû faire des réserves même s'il ne reste quasiment plus rien dans les rayons.

"Dans les supermarchés il n'y avait pas grand chose, donc j'ai pris un cuiseur de riz, du riz. C'est vrai que c'est un peu léger, mais on fait avec ce qu'on trouve."

Et depuis deux jours, se déplacer dans la ville est devenu presque impossible. "Il n'y a plus de bus, plus de métro, plus de train, et interdiction de sortir de la ville", confirme William.

"On a nettoyé à la javel les poignées de portes, tous les meubles"

Chaque jour les informations arrivent au compte-goutte, même si les autorités chinoises multiplient les messages de prévention.

"On nous a dit de se laver les mains très souvent, de sortir le moins possible, de porter un masque et d'éviter le contact avec les autres personnes."

Cédric est lui aussi confiné chez lui. Pour se protéger, il a désinfecté tout son appartement avec son colocataire chinois.

"On a nettoyé à la javel les poignées de portes, tous les meubles. On a tout refait de haut en bas pour éliminer tous les microbes."

"Dès que l'aéroport est ouvert je fonce et je rentre"

Ce professeur de français héberge également une amie, Adélaïde venue passer dix jours de vacances en Chine. Mais avec la suspension des vols au départ de l'aéroport de Wuhan pour le moment elle est bloquée sur place.

"Je suis un peu inquiète dans le sens où j'ai envie de rentrer. Accessoirement je travaille aussi donc clairement dès que l'aéroport est ouvert je fonce et je rentre."

Jeudi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a appelé les Français sur place à la plus grande prudence. "Il leur est recommandé de suivre les mesures proposées du gouvernement chinois", rappelle-t-elle alors que près de 500 Français sont installés à Wuhan.

Margaux Bourdin (avec J.A.)