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Coronavirus: faut-il interdire les rassemblements de plus de 6 personnes chez soi ?

Comme au Royaume-Uni, le gouvernement pourrait être tenté par les interdictions de rassemblements dans la sphère privée, alors que le virus continue de circuler.

Dépassés par l’ampleur de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement britannique vient d’interdire les rassemblements de plus de 6 personnes chez soi. Et en France où la seconde vague sévit également, le gouvernement cherche des alternatives à un éventuel reconfinement et pourrait peut-être y penser, alors que la plupart des contaminations se font dans la sphère familiale.

"On veut continuer à pourrir la vie des gens un peu plus", dénonce ce lundi sur le plateau des"Grandes Gueules" Barbara Lefebvre. "Un jour on nous demandera de dormir avec le masque. On n’est pas des enfants !", ajoute-t-elle, plaidant pour le laisser-faire et la liberté de chacun.

Quelques jours avant la fin du confinement, le Premier ministre d’alors Edouard Philippe avait plaidé pour l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes dans la sphère privée souhaitant l’inscrire dans la loi précisant les modalités du déconfinement Mais le conseil constitutionnel avait retoqué cette mesure, évoquant une interdiction possible sur la voie publique uniquement. Mais la situation pourrait changer.

La délation pour contrôler ?

"En théorie on ne devrait pas pouvoir. Mais en pratique, la juridiction administrative saisie de la légalité du décret ou de l’arrêté pourra dire que c’est très bien. Il y a très peu de contestation et dans l’ensemble la majorité des mesures ont été validées. Il y a beaucoup de choses qui pourraient être considérées comme illégales mais qui seront considérées comme légales par les tribunaux", estime l’avocat Charles Consigny.

Comment, en cas d’interdiction, contrôler le bon respect d’une telle décision : "Par la délation", craignent les GG. "Pendant le confinement il y a déjà eu des délations, des gens qui ont appelé les forces de l’ordre", se rappelle l’avocat. "Par rapport à ce qu'il se passe dans d'autres pays, on a préservé notre liberté. Je ne trouve pas qu'on soit dans une dictature sanitaire", concède-t-il cependant.

Vendredi à l’issue du Conseil de Défense, le Premier ministre Jean Castex n’a pas annoncé de nouvelles mesures restrictives. Il a au contraire annoncé la réduction de la période d’isolement des malades et cas contact, de 14 jours à une semaine, et appelé les Français à rester vigilants.

Guillaume Dussourt