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Coronavirus: le cours du pétrole s'effondre, quelles conséquences à la pompe?

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Les marchés s'effondrent en raison du coronavirus, et l'Arabie Saoudite a décidé de relancer une guerre des prix. Les prix baissent à la pompe dans l'immédiat, mais cette instabilité pourrait être inquiétante sur le moyen terme.

Le coronavirus affole les marchés. Lundi était la pire séance depuis 1991 pour les cours du pétrole. Ces derniers se sont effondrés d’environ 25 % depuis lundi, à New York et à Londres. Une baisse qui s'explique par la décision de l’Arabie saoudite de relancer une guerre des prix face au refus de la Russie d’une nouvelle baisse coordonnée de la production pour faire face au ralentissement économique mondial.

Une baisse qui fait chuter le prix des carburants routiers, environ 3 centimes d'euro en moins par litre selon les chiffres publiés lundi. Mais qui pourrait provoquer la déstabilisation des marchés économiques à long terme.

"Sur 60 litres ça fait six euros, c'est pas rien"

En France, dans certaines stations service on peut même observer près de 10 centimes de moins qu’il y a quelques semaines. Alors à la pompe cet automobiliste toulousain est ravi: "Sur 60 litres ça fait six euros, c'est pas rien. J'ai même pris un bidon en plus pour ma mini-pelleteuse."

Cette chute des prix est liée à un ralentissement de l’activité mondiale à cause du Coronavirus et donc à une guerre des prix entre les gros producteurs de pétrole, comme l'explique Michel Ruimy, professeur à Sciences Po.

"Il y aurait dû y avoir un accord afin de réduire un peu l'offre, et de garder un minimum de revenu. La Russie n'a pas souhaité baisser cette offre. Du coup, l'Arabie Saoudite, en conséquence a fortement ouvert les vannes ce qui a fait chuter le cours du baril de pétrole."

"Le bon prix, c'est celui qui a un équilibre entre les consommateurs qui peuvent se le payer et les producteurs qui peuvent vivre avec"

Une aubaine donc pour le pouvoir d’achat des consommateurs mais cette baisse peut être risquée si elle dure, tempère Jean-Louis Chilansky président du MEDEF-Paris.

"Ca déstabilise le marché. Le bon prix, c'est celui qui a un équilibre entre les consommateurs qui peuvent se le payer et les producteurs qui peuvent vivre avec. Et à 30 dollars le baril ce n'est pas le cas."

Un prix de l’essence qui devrait continuer à baisser dans les prochaines semaines

Jean-Baptiste Bourgeon (avec J.A.)