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Coronavirus: les 27 dirigeants de l'UE trouvent un accord "historique" pour un plan de relance commun

Après 4 jours et 4 nuits de négociations et le sommet européen le plus long de l'histoire, un accord a enfin été trouvé à Bruxelles dans la nuit de lundi à mardi, pour un plan de relance européen face à la crise du coronavirus.

Un "jour historique pour l'Europe". Au terme d'une bataille acharnée entre les pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède) et le couple franco-allemand, un compromis a finalement été conclu lors d'un sommet extraordinaire commencé débuté vendredi. C'est la première fois que les 27 Etats membres vont emprunter en commun, un emprunt pour financer la relance économique après la crise du coronavirus.

Pour soutenir l'économie européenne qui affronte une récession historique, le plan prévoit un fonds de 750 milliards d'euros, qui pourront être empruntés par la Commission sur les marchés. Il se décompose en 390 milliards de subventions, qui seront allouées aux Etats les plus frappés par la pandémie. Ce sera la dette commune à rembourser par les 27.

Cette émission de dette commune, une première, repose sur une proposition franco-allemande, qui suscitait une farouche opposition de la part des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Danemark, Suède) rejoints par la Finlande.

Italie et Espagne jugés trop laxistes en matière budgétaire par leurs partenaires du Nord

Outre ces subventions, 360 milliards d'euros seront disponibles pour des prêts, remboursables par le pays demandeur. Le plan est adossé au budget à long terme de l'UE (2021-2027), qui prévoit une dotation de 1.074 milliards d'euros, soit 154 milliards d'euros par an.

A plusieurs reprises, les pays "frugaux", taxés par certains de "radins", ont menacé de faire capoter ce plan massif de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l'Italie et l'Espagne. Ces pays les plus touchés par l'épidémie sont aussi jugés jugés trop laxistes en matière budgétaire par leurs partenaires du Nord.

Pour vaincre leurs réticences, le président du Conseil européen, Charles Michel, a dû revoir sa proposition initiale et leur fournir des gages.

J.A. avec Romain Cluzel et AFP