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Coronavirus: les cinémas et théâtres désertés?

L'épidémie de coronavirus inquiète le public des spectacles culturels. La fréquentation est en chute libre.

Des sorties de films reportées au cinéma, des concerts annulés en série, et des théâtres boudés par les spectateurs... Le coronavirus fait aussi des victimes dans le milieu culturel. Et dans ce secteur, l'inquiétude grandit de jour en jour, déjà atteint par les grèves de transports en début d'année.

Les ventes de billets dans le spectacle musical ont par exemple chuté de 50% par rapport à la même période que l'an dernier, selon le Prodiss (Syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle musical et de variété). On parle même de perte supérieure à celle des attentats de 2015.

Divisé parfois par trois ou quatre

Toutes les représentations dans les salles fermées de plus de 5.000 places sont en effet interdites jusqu'au 31 mai. Par exemple à l'AccorHotels Arena de Paris-Bercy, 21 shows sont à reprogrammer.

Des conséquences économiques sont à craindre. Dans le deuxième arrondissement, quartier où les théâtres et cinémas sont nombreux, à la sortie du cinéma, Manuela, 56 ans, fait le décompte des spectateurs présents à la projection. "Il y avait peu de gens. Peut-être que ça fait peur aux gens, c'est dommage", regrette-t-elle.

Dommage pour les directeurs de cinéma, mais aussi de théâtre qui observent une baisse de fréquentation. C'est le cas de Caroline Verdu, directrice du Théâtre de la Pépinière où les ventes ont été divisées par trois, voire quatre, ces derniers jours.

"C'est complètement anormal. Quand on a des spectacles qui marchent, on n'a pas des variations comme de réservations."

Et pour faire face à ce problème, la directrice a mis en place plusieurs mesures pour attirer et rassurer les spectateurs.

"On a mis en place pas mal de conditions tarifaires préférentielles. J'ai acheté énormément de gel hydroalcoolique, il y en a partout !"

"Ce n'est pas le coronavirus qui va nous arrêter"

Chez les intermittents du spectacle, si l'inquiétude est présente, hors de question de se laisser abattre par un simple virus, comme l'explique Pierre-Alain Leleu, comédien.

"On a déjà avec des grippes, des gastro-entérites, on joue avec des extinctions de voix. Ce n'est pas le coronavirus qui va nous arrêter."

La baisse des réservations devrait se faire sentir d'ici 15 jours dans ce théâtre. Les comédiens comme la directrice espèrent un rebond rapide de fréquentation.

Juliette Pietraszewski (avec J.A)