RMC

Coronavirus: Madrid reconfine 850.000 personnes, la classe populaire s'estime visée

La pandémie se poursuit également en Espagne qui a décidé de reconfiner certaines parties de la capitale. Les classes populaires s'estiment visées et sont en colère vis-à-vis de cette décision.

Face à l'accélération de l'épidémie en Espagne, Madrid se reconfine partiellement. À partir de ce lundi, les déplacements en dehors de plusieurs quartiers de la périphérie sud de la ville, sont limités aux allers-retours au travail, à l'école ou aux centres de santé.

L'affluence dans les commerces et restaurants y compris en terrasses est réduite à 50 %, tous établissements publics ferment à 22 heures. Dans ces quartiers populaires 850.000 habitants sont concernés, et vivent très mal ce reconfinement.

"Est-ce qu'on va en sortir ?"

Dans son quartier à l'est de Madrid, les déplacements d'Anissa sont désormais limités à l'essentiel. Pour cette française expatriée, c'est l'incompréhension.

"Je ne m'y attendais pas, forcément un peu stressée à se demander quelle sera la prochaine étape. Est-ce qu'on va en sortir ? C'est beaucoup d'interrogations."

"C'est révoltant": les classes populaires s'estiment visées

Des interrogations et de la colère. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté hier devant le Parlement régional. "Non au confinement de classe", peut-on lire sur les pancartes. Andrea est venue pour dénoncer des mesures injustes, qui touchent principalement les populations pauvres.

"Ça n'est pas normal de confiner juste une petite partie de la population. Nous sommes ceux qui continuons de travailler. Ils devraient au contraire mettre en place plus de transports et de centres de santé, et pas nous enfermer. Ces mesures sont absurdes."

Raul lui pointe du doigt la mauvaise gestion de l'épidémie par la présidente de la région.

"C'est révoltant. La pandémie est là depuis 6 mois. Les dirigeants de la région ont demandé au gouvernement de mettre un terme à l'état d'urgence et ils l'ont fait. Ils ont demandé des ressources, et ils les ont eu. Et pourtant, des centres de santé dans nos quartiers sont fermés, et ceux qui sont ouverts sont à 50% de leur capacité. On n'en peut plus."

Ces nouvelles mesures doivent être révisées dans 15 jours.

Camille Schmitt (avec J.A.)