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Coronavirus: parloirs suspendus et situation tendue dans les prisons

Les parloirs dans les prisons ont été suspendus alors que le gel et les masques manquent en prison pour les surveillants et détenus. La situation inquiète tout le monde.

Un premier prisonnier est décédé du coronavirus. Il était âgé de 74 ans, était incarcéré à Fresnes et avait des problèmes de santé. Il n'a pas été en contact avec le reste de la population carcérale a assuré le ministère de la Justice. Mais pour éviter la propagation du virus au sein des prisons, à partir de ce mercredi les parloirs sont suspendus pour les familles et proches des détenus dans les 188 prisons françaises.

Une mesure qui a entraîné avant même son officialisation une série de troubles notamment à la prison du Grasse où une centaine de détenus ont vandalisé des infrastructures. De brefs incidents ont également eu lieu à la Santé, à Perpignan, à Valence ou Angers.

Ces mesures combinées à la peur du virus dans des prisons parfois surpeuplées inquiètent les surveillants pénitentiaires qui craignent une hausse des troubles dans les prisons françaises.

"Si le virus rentre dans l'établissement il va se répandre comme une traînée de poudre"

En Italie ces mesures avaient entrainés de violentes mutineries faisant plusieurs morts. Hervé Segaud du syndicat FO pénitentiaire raconte les troubles connus à la prison de Grasse :

"Les détenus ont détruit la porte d'une cour de promenade et ont incendié un poste de contrôle qui a été partiellement détruit."

Une rébellion liée à la peur du virus, à l’arrêt des visites et au manque de matériel explique ce surveillant.

"On n'a pas de gel, pas de masques... On est dans un lieu très confiné. Si le virus rentre dans l'établissement il va se répandre comme une traînée de poudre. La suspension des parloirs a mis le feu aux poudres"

"On demande que les mouvements dans les établissements se fassent en petit nombre"

Mardi soir une quinzaine de détenus ont refusé de regagner leurs cellules à la prison de la santé à Paris. Yoan Karar d’FO pénitentiaire craint une hausse des tensions en prison.

"La fermeté dont l'Etat fait preuve envers les citoyens ne s'applique pas en détention. On demande que les mouvements dans les établissements se fassent en petit nombre. On ne nous a jamais écouté et malheureusement on en paye le prix."

Les surveillants attendent également du matériel sanitaire. Une première livraison massive de masques et de gel hydro alcoolique est prévue dès mercredi.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec J.A.)