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Coronavirus: quelles conséquences sur la consommation des Français?

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Certains Français se sont rués sur les produits de première nécessité dans les supermarchés et le ventes en ligne et au drive explosent.

Les ventes des denrées alimentaires se sont envolées ces dernières semaines. Une accélération brutale des ventes qui a débuté fin février, avec un pic le dimanche 1er mars, juste après l'activation du plan anti-épidémie "stade 2" en France.

Les consommateurs ont fait des provisions sur les produits de première nécessité: les pâtes et le riz, les conserves de légumes, les huiles, le lait et les bouteilles d'eau, avec des progressions qui vont de 50 à 100% ! Autrement dit: les ventes de certains produits ont doublé par rapport à la normale, selon les chiffres de l'institut Nielsen.

Du jamais-vu depuis près de 30 ans selon le porte-parole de Système-U. A l'époque, c'était la première guerre du golfe qui avait provoqué une ruée dans les rayons. Aujourd'hui, le commerce n'a plus le même visage, pas de panique dans les magasins mais ce sont les achats en ligne qui ont le plus progressé, c'est-à-dire la livraison à domicile et le drive, car beaucoup de consommateurs préfèrent éviter les foules et donc les grandes surfaces.

Dans quelles régions est-ce que les ventes ont le plus augmenté?

Tous les départements sont concernés, pas seulement les foyers de contamination, mais les plus fortes progressions ont lieu dans les régions où les malades sont les plus nombreux, donc le Sud, l'Ile-de-France, le Nord, la Bretagne et l'Est. A l'inverse, la Normandie et tout le centre de la France sont moins impactés par cette hausse des ventes.

Mais il y a des exceptions étranges, comme en Lozère: aucun cas de contamination et seulement une petite douzaine dans les départements limitrophes, donc une région plutôt épargnée par le virus, et pourtant les habitants font des stocks: les ventes d'aliments ont augmenté de plus de 10%. C'est de l'ordre de l'irrationnel.

Est-ce qu'il existe vraiment un risque de pénurie?

Beaucoup de photos de rayons vides circulent sur les réseaux sociaux. Attention au trompe-l'oeil: ce n'est pas parce que certains rayons sont ponctuellement vides qu'il y a pénurie de denrées alimentaires. Les grandes enseignes ont des dizaines d'entrepôts pleins, avec 1 à 2 mois de stocks. Donc il faudrait une longue période sans approvisionnement pour qu'il y ait pénurie, et on en est encore loin, selon les industriels qui fournissent les magasins.

Victor Joanin (avec J.A.)