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Covid-19: la "bulle de contact" mise en place en Belgique fonctionne-t-elle?

La France n’est évidemment pas le seul pays touché par un rebond de l’épidémie. Alors comment est gérée cette crise sanitaire dans le reste du monde? Chaque matin, gros plan sur des mesures prises à l'étranger pour lutter contre le Covid-19.

En Belgique, le nombre de cas positifs au coronavirus a augmenté de 77% la semaine dernière par rapport à la semaine précédente. Pour maîtriser la circulation des virus le pays mise notamment sur les "bulles de contact". Il s’agit de limiter sa vie sociale à un nombre maximum de personnes que l'on rencontre.

Depuis le rebond de l’épidémie, Catherine respecte à la lettre les mesures sanitaires, à commencer par la “bulle de contact”.

“On est trois dans notre foyer et on n'a plus de vie sociale. On est en télétravail, et donc on ne voit plus nos amis où à la limite nos voisins, mais vraiment à une grande distance”, assure-t-elle. 

Limiter sa vie sociale, chaque foyer ne peut théoriquement voir de manière rapprochée que cinq personnes extérieures. 

“L’idée de cette bulle sociale, c’est de mettre un repère mental pour que les personnes sachent combien de contacts sont raisonnables sur une base hebdomadaire vis-à-vis du stade de l’épidémie dans lequel on se trouve. Cette limite ne s’applique qu’aux contacts proches”, explique Marius Gilbert, épidémiologiste. 

Une mesure peu respectée

Mais dans la pratique, peu de Belges respectent encore cette mesure, entrée en vigueur dès le déconfinement, mi-mai.

“Ca fait un petit temps qu’on a abandonné cette restriction de voir que cinq personnes. Donc maintenant dès qu’on peut voir des amis, on ne réfléchit plus on le fait”, indique une habitante. “Ca commence à faire long. Tout change tout le temps, on est passé de 10 à 15 puis à 5. Et je trouve ça très difficile à appliquer”, affirme une autre. 

Certains médecins dénoncent d’ailleurs l’incohérence de cette règle. Jean-Luc Gala est chef de clinique universitaire.

“C’est tellement peu compréhensible que la Première ministre elle-même, nous a dit dans un message télévisé ‘je me rends compte que mon premier message sur la bulle de cinq n’a pas été compris par la population’. Ca, c’est peu dire, et si ce n’est pas compris, ce n’est pas suivi. Si ce n’est pas contrôlé, or cette mesure n’est pas contrôlable, ça ne va donc pas pouvoir être fait et l'adhésion de la population à cette mesure elle est proche de zéro”, assure-t-il. 

Pourtant, une étude menée par des chercheurs belges indique que ces bulles sociales pourraient permettre de réduire de 90% le nombre d’admissions à l'hôpital pour des cas de covid-19.

Lionel Top avec Guillaume Descours