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Covid à Shanghai: "On ne peut toujours pas sortir", témoigne un Français confiné depuis 40 jours

Face aux conditions drastiques du confinement pour endiguer l'épidémie de Covid-19, Alex, un Français habitant Shanghai, témoigne d'une situation toujours très compliquée. Face à ça, il a décidé de rentrer en France. Mais si quitter la Chine est possible, il faut là encore se confronter à un protocole bien strict.

Le Covid, ce n'est toujours pas fini, et la Chine poursuit sa stratégie "Zéro covid" plutôt liberticide pour tenter d'endiguer l'épidémie. Emmanuel Macron demande au président chinois Xi Jinping de "tenir compte des préoccupations" des Français touchés par les restrictions contre l'épidémie de Covid-19 sur le sol chinois. Le président de la République a notamment réclamé "le maintien de la connectivité aérienne vers la France, l'autorisation des déplacements vers les aéroports" et d'éviter de séparer les enfants de leurs parents peu importe les circonstances. Car à Shanghai, drastiquement confiné, de nombreux Français subissent les restrictions, encore renforcées dans certains secteurs de la ville avec l'interdiction de plusieurs livraisons, suspectées d'être vectrices du Covid-19.

En Chine depuis 5 ans, et installé à Shanghai depuis 3 ans, Alex, un Français, qui nous avait déjà témoigné il y a un mois de la dureté du confinement, a pris la décision de quitter le pays: "Après 40 jours de confinement, on a décidé de quitter la Chine. La situation a été très pénible, on a décidé de rentrer définitivement parce qu’on n’a pas de visibilité de sortie. Le déconfinement peut prendre 2 semaines-1 mois", explique-t-il à RMC.

Car la situation est invivable: "On est bloqué chez nous depuis 40 jours, on ne peut toujours pas sortir, même s’il n’y a pas eu de cas depuis 2 semaines dans notre bâtiment, on a toujours un cadenas sur la porte de l'immeuble. On a 3 tests PCR pour tous les habitants par semaine", raconte Alex.

"On ne se fait pas d’illusions, la situation va perdurer"

Seul point positif, la livraison de denrées s'est améliorée: "Au niveau de l’eau et de la nourriture, la situation s’est améliorée, le gouvernement nous en livre avec des produits d’hygiène", reconnaît-il. Dans certains secteurs de la ville, le gouvernement a pourtant interdit les livraisons, considérant que c'est un facteur de circulation du virus.

"Dans mon bâtiment, on peut toujours recevoir des livraisons, mais dans d’autres non. Ce sont des comités de voisins qui font la loi et qui décident parfois de se protéger pour ressortir le plus vite. Ce n’est pas pareil selon les districts, on ne peut pas se déplacer entre chaque district, il y a des restrictions. Certains de mes amis ont pu sortir la semaine dernière faire le tour du pâté de maisons parce qu’il n’y avait pas eu de cas dans leur bâtiment", explique Alex.

"On ne se fait pas d’illusions, la situation va perdurer, les restaurants ne vont pas rouvrir avant juillet. On espère que les choses vont s’arranger pour ceux qui restent. On voit la Chine qui s’enferme avec sa politique zéro Covid alors qu’on voit la vie d’avant reprendre dans de nombreux autres pays où l’on abandonne presque toutes les restrictions", poursuit-il.

Procédure drastique pour prendre l'avion

Dans ces conditions, la décision a été prise. Il va quitter le pays bientôt et rentrer en France. Mais prendre l'avion est aussi soumis à des conditions drastiques: "II y a une procédure à suivre. Il faut demander l’autorisation du district pour quitter le bâtiment. Il faut ensuite commander un véhicule autorisé pour aller à l’aéroport. On nous conseille d’arriver 5h avant le décollage pour s’occuper de toutes les procédures administratives et sanitaires", explique Alex.

Un test Covid-19 négatif de moins de 24h est bien sûr requis et Alex a dû rogner sur ce qu'il peut rapporter: "On a rajouté un bagage en plus sur notre vol mais on laisse des cartons dans notre immeuble que des voisins vont nous envoyer ultérieurement", explique-t-il, regrettant un départ précipité.

"C’est une déception de finir notre aventure chinoise comme ça. On n'a pas eu le temps de vendre notre mobilier et j’aurai voulu dire au revoir à mes amis et mes collègues sur place", conclut Alex amer.

Martin Cadoret avec Guillaume Dussourt