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Crise du Covid-19: 70.000 emplois menacés d'ici 2022 dans le secteur du BTP?

La pandémie vient enfoncer encore un peu plus un secteur déjà en crise avant le Covid-19.

Les professionnels du bâtiment sont inquiets : l'année dernière était encore moins bonne qu'attendue pour la construction de logements neufs, avec une chute des mises en chantier de 9%. Et 2021 commence sous les mêmes auspices, avec des autorisations de construire en baisses de 13% sur les trois premiers mois. 

La fédération française du bâtiment prévoit la construction de 307 000 logements neufs en 2021. La construction non-résidentielle n'est pas épargnée : selon les prévisions de la Fédération française du bâtiment publiées hier, il pourrait s'agir de la pire année depuis 1986 !

Selon le président de la FFB, ce sont 70.000 emplois, sur un total de 1,2 million, qui sont notamment menacés à l'horizon 2022 dans la filière.

Le gouvernement tente de simplifier les démarches administratives

L'épidémie a retardé énormément de projets de construction, mais pour le bâtiment, la crise est plus profonde. En réalité, la construction est en berne depuis plusieurs années et le coronavirus n'a fait qu'accentuer la baisse.

Selon les promoteurs, les collectivités locales sont de plus en plus frileuses à accorder des permis de construire, quelque soit leur étiquète politique, elles refusent de laisser bétonner à tout va.

Le gouvernement tente de mettre de l'huile dans les rouages, par exemple en simplifiant les démarches administratives, qui pourront se faire en ligne d'ici la fin de l'année. Ce ne sera toutefois pas suffisant, préviennent les professionnels du bâtiment.

Réinvestir les friches?

Le gouvernement qui se heurte aussi à ses propres ambitions environnementales : la loi Climat actuellement en débat à l'assemblée vise à diviser par 2 l'artificialisation des sols dans les 10 ans.

Pour construire des logements sans empiéter sur les espaces naturels, des pistes existent, comme réinvestir les zones déjà bâties mais abandonnées, les friches : une enveloppe de 300 millions d'euros a ainsi été engagée par l'Etat pour les réhabiliter, dans le cadre du plan de relance. 

Victor Joanin (avec J.A.)