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Dans les Hauts-de-France malgré le couvre-feu, la situation sanitaire se dégrade

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À Roubaix l'une des villes les plus pauvres de France, l'adjoint à la mairie en charge de la Santé estime que la densité de population, au sein de logements peu adaptés, favorise la circulation du virus.

Le premier ministre, accompagné d'Olivier Véran le ministre de la Santé, doit tenir ce jeudi une conférence de presse sur la situation sanitaire qui s'est encore dégradée ces derniers jours. Conséquence, Jean Castex devrait annoncer l’extension du couvre-feu à de nouvelles villes et départements touchés par le rebond de l’épidémie de Covid-19.

Car la situation continue de se dégrader. On recensait sur les dernières 24 heures, 26.676 nouveaux cas, 166 morts et 284 nouvelles entrées en réanimations. Et même dans des zones déjà soumises au couvre-feu, le coronavirus progresse toujours comme dans les Hauts-de-France où l’ARS a été obligé d’ouvrir 96 lits de réanimation supplémentaires. La situation est particulièrement préoccupante à Tourcoing et Roubaix, deux villes défavorisées de la banlieue de Lille. À Roubaix, le taux d'incidence atteint 1.135 cas pour 100 000 habitants et classe la commune parmi les plus touchées de France.

"Il y a une typologie particulière de famille à Roubaix"

"Cette semaine incontestablement la montée en force est extrêmement nette", déplore sur RMC le docteur Jean-Philippe Dancoine, médecin et adjoint en charge de la santé à la mairie de Roubaix. "Tous les jours on voit augmenter le nombre de patients et l’activité augmente au sein du service d’urgence de l’hôpital avec un nombre de patient pour signes infectios-respiratoires qui montent en flèche", ajoute-t-il.

Une dégradation de la situation qu’il explique également par la démographie de Roubaix, l’un des villes les plus pauvre de France où les familles vivent bien souvent dans des appartements de petite taille. "Il y a une typologie particulière de famille à Roubaix, on a des fratries plus nombreuses que la moyenne dans des logements pas forcement toujours adaptés, qui entrainent une promiscuité physique. Cela peut expliquer l’augmentation importante du nombre de cas grave", conclu-t-il.

Julien Coudrot (avec Guillaume Dussourt)