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Dépistage du cancer du col de l'utérus: un collectif lance un cri d'alarme sur RMC

Utilisé dans de nombreux pays, un test de détection du papillomavirus qui s'avérerait plus efficace que le frottis, reste absent de l'arsenal des gynécologues français.

3200 cas diagnostiqués chaque année en France et plus d’un millier de décès chez les femmes qui en souffrent. Le cancer du col de l’utérus reste peu et mal dépisté. Pourtant nombre d’entre eux pourraient être évités. C’est le message diffusé ce jeudi matin par un collectif de médecins et de patientes qui lance un appel en faveur de la démocratisation d’un test de détection du papillomavirus, le HPV, déjà utilisé chez nos voisins européens, comme en Italie, en Belgique en Suède ou encore en Turquie. Il permettrait de détecter et d’empêcher certains cancers comme celui de Sylvie.

Sa maladie a été détectée il y a 4 ans. Une tumeur de 5 cm qui aurait pu être découverte bien plus tôt : "Depuis 10 ans je faisais des frottis tous les ans. Si les choses avaient été bien faites ou si on m'avait proposé déjà à l'époque ce test HPV, il aurait pu être détecté à 37 ans ou lieu de 47", explique-t-elle amère au micro de RMC.

"Dans les autres pays ce test HPV existe déjà depuis des années"

Sylvie en veut aux médecins mais surtout aux autorités françaises qui ne proposent pas ce test de manière généralisée : "Dans les autres pays ce test HPV existe déjà depuis des années donc je ne comprends pas qu'en France on soit autant en retard".

Un retard qui peut s'expliquer par le manque d'informations sur le test HPV pendant la campagne nationale de dépistage.

Une différence de prix majeure pour une faible marge d'erreur

"L'avantage du programme organisé c'est qu'il permet de mettre en place une infrastructure dans laquelle on va convoquer et reconvoquer les femmes. La meilleure chance que l'on pourrait donner à ces femmes, c'est de réaliser ce test au titre de dépistage et expliquer également aux patientes qu'est-ce que c'est ce virus, comment il est transmis et quels sont les risques éventuels", explique le docteur, Joseph Monsengo, gynécologue spécialiste des pathologies liées au papillomavirus.

Si le test HPV est peu utilisé c'est aussi parce qu'il coûte cher à la sécurité sociale : 37 euros contre 15 pour le frottis, un test pourtant moins fiable, qui ne repère pas les lésions cancéreuses dans 20 à 30% des cas, contre 99% de réussite pour le HPV.

Margaux Boddaert (avec Guillaume Dussourt)