RMC

Des malades du Covid-19 soignés avec des traitements tests en France et en Europe: de quoi s'agit-il?

Au total 800 patients vont participer aux essais en France. 4 traitements à base de chloroquine vont être testés aléatoirement.

Un essai thérapeutique pour tenter de trouver un traitement au Covid-19. Depuis dimanche, la France a lancé l'essai Discovery. Le but, tester massivement des patients dans toute l'Europe avec différents traitements, pour tenter de trouver une molécule efficace contre le Covid-19. Cet essai doit à terme concerner 3200 patients, dont 800 en France. 

Quatre traitements vont être testés: un médicament antiviral utilisé à l'origine contre Ebola, un autre traitement à l'origine contre le VIH, une combinaison de deux médicaments, et enfin l'hydroxychloroquine, promue par le professeur Raoult depuis quelques jours.

Il faut attendre 15 jours par malade testé pour obtenir des résultats, les chercheurs attendent des résultats plus fiables d'ici 6 semaines.

Les premiers essais de traitements ont commencé dès dimanche dans deux hôpitaux à Paris et Lyon. Plusieurs patients sont également suivis à Strasbourg Nantes et Lille explique le professeur Florence Ader, en charge de cet essai. “Actuellement, il y a cinq centres ouverts et nous allons programmer dans les jours à venir des vagues d’inclusions successives pour monter en puissance le plus rapidement possible”, explique-t-elle. 

L'hydroxychloroquine également testé

Au total 800 patients vont participer au test en France d'après cette infectiologue. Des patients soigneusement choisis.

“Les patients qui sont éligibles à l’entrée dans l’essai sont des patients hospitalisés avec un certain nombre de critères, c’est-à-dire déjà un certain niveau de gravité”, indique-t-elle.

Quatre traitements sont essayés aléatoirement sur les patients. Parmi eux l'hydroxychloroquine, ajouté en dernière minute après de premiers tests positifs explique Bruno Lina, virologue.

“C’est un bras qui a été ajouté un petit peu à la fois à la demande de l’OMS et de l’Etat français pour qu’on puisse avoir des résultats fiables sur cette molécule aussi de façon à ce qu’on sache si ça a un intérêt ou pas”, précise-t-il. 

Lundi, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué que la chloroquine pourra être administrée aux malades souffrant de "formes graves" du coronavirus, mais ne doit pas être utilisée pour des formes "moins sévères". Le comité scientifique "exclut toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade, en l'absence de toute donnée probante", a-t-il souligné. 

Certains traitements testés pourraient être abandonnés en cours d'essai s'ils n'ont aucune efficacité.

Romain Cluzel avec Guillaume Descours