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Des riverains unis contre une usine à Montreuil: "On veut la preuve que nos enfants ne sont pas en danger"

Après un nouveau cas de leucémie dans un quartier de Montreuil, des parents d'élèves réclament la fermeture d'une usine de traitement de pièces mécaniques d'avion. Une usine située à quelques mètres d'une école.

C'est le troisième cas de leucémie en 20 ans dans un quartier du nord-ouest de Montreuil. En cause, une usine qui traite des pièces mécaniques d'avion contre la corrosion pour Airbus et Safran. Et bien que le lien entre les leucémies et les rejets ne soit pas prouvé, Nicolas Barrot, président de l'association Les Buttes à Morel, estime que l'usine, située en face de l'école Jules-Ferry doit être fermée: "On a un de nos meilleurs amis dans la rue dont l'enfant a été atteint de leucémie. Ça fait le 3e cas de leucémie dans une portion de rue qui fait 100 mètres. Il y a une école avec 500 enfants à 50 mètres. Bien sûr, on ne peut pas prouver que c'est l'usine, mais là le quartier a dit 'on arrête, on bloque cette usine, et à la rentrée, on ne met plus nos enfants dans cette école'".

Le premier à avoir contracté une leucémie il y a 20 ans, c'est le fils de son voisin. Pascal, le père, habite toujours ici et depuis l'usine n'a pas changé: "Regardez l'état de l'usine: elle est délabrée, le toit est plus vieux que moi, il était déjà là quand je suis arrivé en 66. Comment on traite des métaux avec des produits bizarres alors qu'il y a des fuites dans le toit? Ce n'est pas normal".

"On veut la fermeture de l'usine"

Cela fait maintenant 12 ans que Nicolas Barrot alerte les pouvoirs publics. Aujourd'hui, il veut passer à la vitesse supérieure: "Nous on veut la fermeture de l'usine, et surtout, on veut la preuve que l'on n'est pas en danger, pour nos enfants. On ne veut plus discuter, ça fait 12 ans qu'on nous balade".

En 2011, ces riverains avaient commandé une étude indépendante qui avait conclu à la présence de nombreux produits chimiques toxiques ayant pollué en dehors des murs de l'usine. Mais la préfecture, compétente sur ce dossier, n'avait pas donné suite, estimant les résultats "peu exploitables". La préfecture devrait de nouveau inspecter l'usine cet été.

P.B. (avec M.C.)