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"Déshabille-toi, tu auras moins chaud!" Quand le sexisme à l'hôpital est quotidien

Près d'un interne en médecine sur deux se déclare victime de sexisme au quotidien, selon une enquête dévoilée ce vendredi 17 novembre par le premier syndicat d'internes, l'ISNI. RMC a rencontré Eugénie, victime de ce harcèlement quotidien et qui dénonce une omerta.

C'est une étude inédite dans le milieu médical. L'ISNI, Intersyndicale nationale des Internes, publie ce vendredi les résultats de son étude sur le sexisme dans les hôpitaux. Selon cette enquête, un interne sur deux (47%) se déclare victime de sexisme au quotidien. Parmi eux, 60% de femmes. Dans la majorité des cas (37%), l'auteur de ces faits ou paroles sexistes est un médecin, ou un supérieur hiérarchique. Ce sexisme quotidien a lieu majoritairement à l'hôpital (au bloc dans un quart des cas, et lors d'une visite hospitalière dans 22%). Près de 9 internes sur 10 déclarent avoir été témoins de blagues sexistes, dont un tiers de manière répétée.

"On se sent isolée"

Un sexisme quotidien dont est victime Eugènie, étudiante en quatrième année de médecine, lors de ses stages à l'hôpital. Elle dénonce sur RMC "ces remarques graveleuses à longueur de temps, auquel personne ne va rien trouver à redire". Elle raconte notamment cette réunion, au cours de laquelle, s'éventant à cause de la chaleur, un "chef de service à l'air tout à fait respectable" lui a glissé dans l'oreille: "Déshabille-toi tu te sentiras mieux", clin d'œil à l'appui. La jeune femme dénonce une omerta. "On se sent isolée, on a l'impression qu'on ne peut pas le dénoncer sans être marginalisée et abaissée. On a l'impression d'un manque d'écoute".

Un impact sur le choix de carrière

Ce sexisme permanent contraint parfois les internes dans leurs choix de carrière. On observe en effet une différence significative de l'accès à certains postes pour les internes victimes de sexisme. Un plafond de verre très solide, explique Olivier Le Pennetier, président de l'ISNI. "Ça a des conséquences sur le long terme", comme "la limitation et l'impossibilité d'aller prendre des postes à responsabilité, comme chef de service ou représentants des médecins de l'établissement par exemple. Ou même des fonctions tels que l'enseignement ou la recherche."

P. G. avec Anaïs Bouitcha