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Distribution de doses entre villes interdite, ordres de l'ARS, quotas... Le coup de gueule d'un maire contre la bureaucratie française

Alors que la campagne de vaccination patine, certains élus déplorent l'action des ARS, accusés de ne pas permettre la mutualisation du vaccin, de ralentir de fait la vaccination et de gâcher des doses.

La campagne de vaccination en France peine toujours à décoller. Et le gouvernement est en retard sur son planning. La faute à un approvisionnement en dose qui ne suit pas la cadence mais aussi à la bureaucratie française capricieuse et inflexible assure ce lundi sur RMC Vincent Jeanbrun, le maire LR de l'Haÿ-les-Roses dans le Val-de-Marne. 

"La plupart du temps on manque de doses. Mais parfois, en fin de journée, ils nous en reste et c'est la croix et la bannière pour les utiliser", déplore l'élu sur le plateau des "Grandes Gueules". La faute de "lourdeurs administratives et la bureaucratie"

"Il a pu arriver d'avoir quelques doses en fin de journée. Le personnel va quitter le centre et en appelant les autres centres on leur demande s'ils sont intéressés. Mais on a déjà eu des fins de non-recevoir de l'Agence régionale de Santé (ARS) qui nous dit qu'ils ont des quotas et que nous n'avons pas le droit de mutualiser les doses. Il faut donc les jeter plutôt que de les donner aux centres de vaccination d'à côté", explique Vincent Jeanbrun.

Autre problème, la non-reconnaissance de la 7e dose, cette ultime dose de vaccin présente dans les flacons et qui permettrait de vacciner au moins une personne en plus:

"Quand on arrive à en faire une, chose complètement incroyable, comme elle n'est pas reconnue par l'ARS on n'a en théorie pas le droit de l'utiliser. En pratique on fait tout pour ne pas la jeter, on appelle la liste d'attente, on demande au personnel de rester plus longtemps mais on est sur la ligne jaune", déplore l'élu.

Il demande à l'ARS de faire confiance aux mairies en les laissant signifier la présence de 7e dose et vacciner avec.

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"Quand on a le malheur de leur dire qu'ils nous font perdre du temps, on reçoit des insultes"

Alors comment l'ARS justifie ce protocole, alors que la vaccination en France se fait un rythme toujours trop timide?

"Ils disent que c'est ingérable de voir des vaccins déplacés d'un centre de vaccination à l'autre. C'est vraiment parce qu'il y a une nécessité administrative d'avoir le contrôle et de savoir où sont les flacons et à quel moment", tacle-t-il. 

Et l'interdiction du transfert de dose entre mairies existe aussi avec les Ehpad: "Quand à la fin de journée il reste 72 doses dans un Ehpad, que cet Ehpad nous les propose on dit qu'on est intéressés mais on doit appeler l'ARS avant. Et là, l'ARS nous dit: 'Si c'est à l'Ehpad, ce n'est pas possible de vacciner avec!".

"Désobéissez monsieur le maire!"

De quoi scandaliser le plateau des "Grandes Gueules". "Désobéissez monsieur le maire!", en appelle Olivier Truchot. "On est chez les fous" déplore l'élu.

Et ce n'est pas tout. "Quand on a le malheur de leur dire qu'ils nous font perdre du temps, on reçoit des insultes. J'ai eu le délégué départemental de l'ARS qui s'est trompé de destinataire en envoyant un SMS et j'ai reçu un message qui ne m''était pas destiné où il disait 'Qu'est-ce qu'il commence à nous casser les pieds le maire'".

"Depuis les annonces du président de la République la semaine dernière, on a vu nos doses baisser. La rumeur qui était là depuis 15 jours se confirme. Comme il n'y avait pas assez de doses pour vacciner dans les méga vaccinodromes, on a pris celles qui nous étaient destinés", conclu l'élu, qui s'étonne que des initiatives de "personnes seules dans les garages", pour permettre un meilleur accès à la vaccination, n'émanent pas de l'administration.

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Guillaume Dussourt