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Drogues: comment les addicts affrontent cette période de confinement

La difficulté de faire face à la dépendance aux drogues est accrue durant cette période de confinement forcée.

Le confinement met à l'épreuve et complique les habitudes des dépendants aux drogues. Comment tenir sur la durée du confinement sans replonger? Chez Narcotiques anonymes, une association d'entraide de dépendants, la solution, c'est toujours la réunion de groupe. Alors confinement oblige, ces réunions ont désormais lieu en visioconférence.

Elles sont indispensables pour ces dépendants qui ont besoin de ces temps de parole et de partage pour faire face à leur addiction. Depuis le début du confinement, 170 réunions ont lieu en ligne chaque semaine.

"Je suis abstient pour aujourd'hui, mais je ne suis pas à l'abri d'une envie de consommer"

Tous les jours à 11h30, Marco, ancien consommateur de drogues, se connecte à son groupe de parole. Durant le confinement, Marco, sevré depuis de longues années, assiste à encore plus de réunions que d'habitude. Son emploi du temps le lui permet mais il en ressent aussi le besoin

"Je suis abstient pour aujourd'hui, mais je ne suis pas à l'abri d'une envie de consommer. Donc chacun chacun va parler de ses difficultés familiales, professionnelles, affectives et prévenir d'une éventuelle rechute"

"Sans le groupe on ne peut pas se rétablir"

Etre en lien est d'autant plus fondamental pour ceux qui ont arrêté la drogue récemment, d'autant plus durant cette période où l'on est très seuls, comme l'explique Anna du Comité média de narcotiques anonymes.

"Parce qu'ils ont besoin d'être soutenus ils ont besoin de parler de leurs angoisses, de leurs envies de consommer. Sans le groupe on ne peut pas se rétablir."

Le confinement permet aussi de multiplier les contacts avec d'autres dépendants du monde entier.

Mahauld Becker-Granier et Elodie Sallé