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Et si la Suède avait trouvé la stratégie gagnante face au coronavirus?

REPORTAGE RMC - Comment est gérée la crise sanitaire du Covid-19 dans le reste du monde ? Chaque matin cette semaine sur RMC gros plan sur des mesures prises à l'étranger pour lutter contre le Covid.

La Suède a suivi une méthode unique en Europe face à l'épidémie de Covid : pas de confinement, pas de fermeture de bars ou de restaurants, pas de masque obligatoire. Seulement une distance d'un mètre à respecter, pas de groupes supérieurs à 50 personnes et pas de visite dans les Ehpad. Cette dernière mesure a même été retirée le 15 septembre grâce aux bons résultats du pays scandinave ces derniers mois.

Selon l'agence nationale de santé de Suède, 5.870 personnes sont mortes du Covid depuis le début de la pandémie. Ca reste le pire bilan des pays scandinaves mais depuis le mois de juillet les chiffres baissent. Un décès par jour ces deux dernières semaines.

Le nombre de cas est désormais plus faible que dans les pays voisins, et la Suède semble éviter un retour de l'épidémie. Très décriée au début de l'épidémie, la méthode suédoise semble porter ses fruits.

"Ca a toujours été cohérent car on a toujours eu les mêmes règles"

Et si la Suède avait trouvé la stratégie gagnante face au virus ? Dans la capitale, Stockholm, aucun masque sur les visages des passants. Comme Sara et Ellen, deux avocates qui nous expliquent qu'elles n'ont que quelques règles simples à suivre.

"Je prends le vélo, j'évite de prendre les transports en commun. Si on a le moindre symptôme on reste à la maison et on ne rencontre personne", détaille Ellen. "Je travaille à la maison et je garde mes distances avec les gens, ça a toujours été cohérent car on a toujours eu les mêmes règles", poursuit Sara.

"Il y aussi une lassitude car ça fait plusieurs mois que ça dure"

La même méthode depuis le début de la crise: pas de confinement et le gouvernement fait confiance à chaque citoyen pour respecter les règles de distanciation sociale. Une méthode plutôt appréciée par les habitants.

"J'ai pu continuer à travailler. C'est une très bonne chose. je peux tomber malade mais je fais tout pour l'éviter avec la distance, le lavage de mains", confie Jurge. "Il y aussi une lassitude car ça fait plusieurs mois que ça dure. C'est plus difficile de garder la distance dans les transports par exemple."

"On sait que ce virus sera présent longtemps donc on a cherché des mesures qui seraient acceptées par tous"

Après un pic au mois de mai et le pire bilan des pays scandinaves, les chiffres de l'épidémie sont aujourd'hui très encourageants selon Anders Tegnell, épidémiologiste en chef. C'est lui qui communique aux Suédois l'évolution de la maladie dans le pays.

"Aujourd'hui dans toute la Suède nous n'avons que quinze patients Covid en réanimation. C'est très peu, on doit mettre en place des mesures à long terme. On ne peut pas espérer régler tout ça en confinant toute la société. On sait que ce virus sera présent longtemps donc on a cherché des mesures qui seraient acceptées par tous. Et je crois qu'on a trouvé une bonne voie. Si on continue comme ça la situation devrait être stable dans le pays."

"C'est pas du tout comme en France. Dans la rue je fais confiance aux autres citoyens pour qu'ils respectent les recommandations"

Et même si cette méthode a suscité le débat elle est très largement respectée par les Suédois ce qui ne surprend pas Lars Tragardh, historien à l'université d'Ersta.

"La Suède est un pays avec une confiance forte. Pas du tout comme en France. Dans la rue je fais confiance aux autres citoyens pour qu'ils respectent les recommandations. Les Suédois font aussi confiance aux décisions prises par le gouvernement. Et le gouvernement fait confiance aux citoyens. une telle gestion aurait été impossible sans ça."

De la confiance, mais surtout encore beaucoup de prudence. Tous les habitants que nous avons rencontrés nous le disent : un retour de l'épidémie de Covid dans le pays est possible. Ils veulent donc continuer à respecter les gestes barrières jusqu'à ce qu'un vaccin soit trouvé.

A Stockholm, Romain Cluzel et Juliette Pietraszewski (avec J.A.)