RMC

"Expliquez-nous": pourquoi l'OMS affirme que l'épidémie de coronavirus s'accélère dans le monde

L'Organisation mondiale de la Santé affirme que nous n’avons pas atteint le pic. En France, le directeur général de la santé Jérôme Salomon déclare qu’il faut se préparer à une reprise de l’épidémie.

Ce sont deux messages d’alerte, deux appels à la vigilance. Dans une interview au Figaro ce mercredi matin, le directeur général de la santé Jérôme Salomon répond à la question : le risque d’une seconde vague est-il élevé ? 

Pour lui, “nous ne savons pas tout sur ce virus, mais il faut se préparer à une reprise de l'épidémie voire à une deuxième vague à l’automne ou au prochain hiver”. Et il précise: “si la situation se dégrade à nouveau, il faudra envisager notamment, des mesures de limitations des déplacements”. Il ne parle pas de reconfinement, mais de limitation de déplacement.

En attendant, les chiffres en France restent bons. Toujours moins de malades en réanimation : 548 contre plus de 7000 à la mi-avril. Douze décès par jour en moyenne sur la semaine dernière, contre 500 au plus fort de la crise. Et ces bilans ne cessent de s’améliorer.

Au niveau mondial en revanche, la situation empire. Notamment au Brésil ou le président Bolsonaro vient d'annoncer qu’il était lui-même contaminé. Une annonce qui tombe comme un symbole. En effet, c’est le président qui a le plus douté de la réalité de cette épidémie.

Lundi, il a encore opposé son veto à deux projets de loi sur le port du masque obligatoire. Comme il ne croit pas aux statistiques officielles de son pays, il a suggéré à ses concitoyens de se rendre dans les hôpitaux pour filmer les lits qui ne sont pas occupés. Les médecins ont hurlé. Mais finalement, mardi, Bolsonaro a ressenti, une petite fièvre, il s’est fait tester et il a annoncé le soir qu’il était positif. Il l’a annoncé en portant cette fois un masque. 

Le Brésil est aujourd’hui le pays au monde où l’on compte le plus de morts par jour. Environ 500, devant le Mexique et l’Inde. Ce sont les trois pays, trois très grands pays qui font dire à l’OMS, que le pic de l'épidémie n’est toujours pas atteint, et même que le rythme de contamination s'accélère. 

Autre pays massivement touché, les Etats-Unis qui sont le pays qui compte le plus de victimes: 133.000 morts depuis le début de la crise et 40.000 nouveaux cas par jour. Mais la courbe des décès est en baisse. Donald Trump ne cesse de le répéter et ce n’est pas faux. Il y a 10 fois moins de morts aujourd’hui qu'à la mi-avril. Même si certains Etats du Sud sont très touchés, et même si des mesures de reconfinement sont annoncées.

Et quelle est la situation en Europe ? Notre continent vient de franchir le cap des 200.000 morts. Et les pays les plus touchés au monde en nombre de morts par millions d’habitants sont tous des pays européens. Ce sont dans l’ordre, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Italie, la Suède puis la France. La France est le 6e pays le plus touché proportionnellement à sa population.

Des risques de reprise à l'automne ?

Nos voisins ont presque tous pris récemment des mesure de reconfinement partiel. 700.000 personnes concernées à Lisbonne au Portugal, 600.000 à Leicester en Angleterre, autant dans deux cantons du nord de l’Allemagne, 200.000 en Catalogne et en Galice. Quelques centaines dans le sud de l’Italie. Pour la plupart, ce sont des mesures d’isolements ou de confinements partiels.

Mais si l’on regarde globalement, dans tous les pays européen comme en France, le nombre de nouveaux cas est en baisse, le nombre de patients hospitalisés aussi, et le nombre de décès aussi. On ne parle donc pas d’une deuxième vague en Europe. On peut la craindre, mais elle n’est pas là.

Six mois après le début de l’épidémie, il y a des pays qui sont encore préservés. La pandémie a épargné des pays, et des régions entière comme dans une grande partie de l’Asie. Il n’y a toujours aucun mort au Viêtnam, malgré ses 100 millions d’habitants et sa proximité avec la Chine. Aucun non plus au Cambodge ou au Laos. La plus grande partie de l’Afrique n’est pas touchée. Aucun mort en Erythrée, ou en Ouganda. Un seul au Burundi, très peu dans l’immense Nigeria.

Et puis il y a le cas de la Chine. Berceau de l'épidémie, mais pour l’instant sortie d’affaire. Plus aucun nouveau cas, ni aucun décès depuis plusieurs semaines. Même si l’on peut douter des autorités chinoises, quand elles annoncent zéro mort en un mois, ca veut quand même dire quelque chose.

Nicolas Poincaré