RMC

"Expliquez-nous": qu'est-ce qui va changer à partir de lundi pour le déconfinement des Français ?

RMC
A partir de lundi, les Français auront le droit de sortir, se balader, trainer dans les rues de leurs villes. Un changement radical par rapport au deux derniers mois. Cependant il reste quand même certaines interdits ou règles à respecter.

Le premier ministre a donc confirmé jeudi la date du 11 mai pour le déconfinement. Celui-ci, progressif va commencer lundi dans toute la France. Jusqu'à présent, presque tout était interdit avec des exceptions. À partir de lundi, c’est l’inverse. On retrouve la plus grande partie de nos libertés, avec des exceptions…

Parce qu’il faut quand même souligner que depuis le 17 mars, ce sont nos droits fondamentaux, nos libertés inaliénables qui ont été remises en cause comme on ne l’avait jamais imaginé. Liberté de circuler, liberté de se réunir, liberté d’entreprendre. Tout cela avait disparu, avec l’accord du plus grand nombre. Les Français ont été très obéissants, ils ont accepté 55 jours d’assignation à résidence. C’est cela qui se termine.

Lundi, on retrouve donc d’abord la liberté de circuler, la liberté de sortir de chez soi, sans limitation, et sans attestation, de jour comme de nuit. De marcher au-delà d’un kilomètre. De traîner dans les rues, de prendre le soleil, de se promener à la campagne, en montagne. D’inviter de la famille ou des amis, jusqu'à 10 personnes. On retrouve le droit de nous acheter des vêtements, d’aller chez le coiffeur, chez le libraire. La possibilité de passer son permis de conduire. 

Les commerçants retrouve le droit de travailler sauf les cafés et les restaurants. Les marchés reprennent leur activité, sauf exception. 

Quelles différences entre départements rouge et vert ?

En tout, 400.000 entreprises se remettent au travail. C’est la liberté d’entreprendre. Et finalement, même les plages vont pouvoir rouvrir si le maire le demande et prend des précautions. Deux exceptions importantes. La liberté de circuler reste limitée à 100 km pour une durée indéterminée. Et les frontières restent fermées au moins jusqu’au 15 juin.

On a beau nous dire que ce n’est qu’un déconfinement très progressif, qu’il ne faut surtout pas s’emballer, c’est tout de même un vrai retour vers la vie normale à partir de lundi. Et cela qu’on habite en zone rouge ou en zone verte. En effet, comme prévu, il n’y a pratiquement pas de différence. 

Lundi, la seule chose qui change entre les départements rouges et les verts, c’est l’ouverture ou non des parcs et jardins. Le lundi suivant, le 18, une autre différence : les élèves de 6eme et de 5eme pourront rentrer au collège en zone verte, pas en zone rouge.

Mais ce n’est finalement que le 2 juin, dans plus de trois semaines que l’on verra vraiment un écart entre la France verte et la France rouge. Puisque les cafés et les restaurants devraient rouvrir pour les 60% des Français verts, et rester fermés pour les 40% rouges.

L’Île-de-France fait figure d'exception. En effet, c’est la région où il reste des contraintes plus fortes. Pas de réouverture des grands centres commerciaux. Et obligation d’avoir une attestation de l’employeur pour prendre les transports en commun aux heures de pointes. 

Et on comprend pourquoi. Il ne reste en France métropolitaine que deux départements qui sont en rouge pour la circulation du virus : Paris et le Val d’Oise. L’Île-de-France compte encore près de 10.000 malades hospitalisé, sur 23.000 en tout en France. Et il y a encore 1300 patients en réanimation, pour 1200 places initialement.

Recommandations de prudence pour les Français fragiles

Comme en temps normal, 8 millions de Francilien prennent tous les jours les transports en commun. C’est le problème numéro un du déconfinement. D'où les encouragements à poursuivre le télétravail ou à prendre son vélo. Plus cette attestation, pour réserver les transports en commun à ceux qui travaillent. Actuellement, la fréquentation n’est que de 6% de la normale. Lundi, on espère ne pas dépasser 15%.

Le gouvernement a également fait de fortes recommandations de prudence pour les personnes fragiles. Mais ce sont des recommandations et non plus des interdictions. Les personnes âgées, les personnes souffrant de diabète, d'obésité, d'insuffisance respiratoire sont invitées à rester confinées et à vivre les prochaines semaines comme elles vivaient depuis le 17 mars.

Même chose pour les personnes qui seront testées positives. Elles seront très fortement encouragées à rester à la maison, et même dans une seule pièce de la maison. Ou bien à s’enfermer dans un hôtel. Tout sera fait pour les convaincre, mais il n’est pas prévu de sanction pour un malade qui sortirait. On passe d’une politique de contrôles policiers et de PV à une politique basée sur le sens des responsabilités.

Nicolas Poincaré