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Fin de la "règle du 1 km", réveillon de Noël: pourquoi Emmanuel Macron a changé de ton face aux Français

En desserrant l'étau du confinement et en appelant les Français à la responsabilité, le chef de l'Etat se voulait à hauteur d’homme.

Le "cap" est fixé. Et le calendrier aussi. Mardi soir, Emmanuel Macron a donné le mode d'emploi de la sortie de crise: cela se fera donc en 3 étapes avec, dès samedi, la réouverture des commerces. Mais ce qui a marqué les quelques 29,1 millions de téléspectateurs toutes chaînes confondues qui ont regardé l'intervention en direct à 20h, c'est un ton, une façon de faire différente. 

Car Emmanuel Macron a clairement changé de ton: on a vu un Président très précis usant de graphiques et beaucoup moins grandiloquant que lors de certaines interventions. Un Président qui se voulait à hauteur d’homme. 

Et ce qui est nouveau, c’est cet appel à la "responsabilité" des Français. Très souvent critiqué pour sa prise de décision solitaire dans un Conseil de défense à huis clos et accusé d’avoir infantilisé la population avec l’imposition de règles strictes, des attestations nécessaires pour sortir son chien et parfois sans concertation avec les acteurs économiques et les oppositions politiques.
C’est donc un changement de pied notable, sans doute la meilleure des façons d’obtenir des Français qui sont, aujourd’hui, très fatigués par deux confinements successifs et un respect de règles encore très strictes.

Avec cet appel à responsabilités, notamment, sur le nombre de personnes qui pourront se réunir autour de la table du réveillon et la levée exceptionnelle du couvre feu pour le 24 et le 31, Emmanuel Macron espère maintenir l’acceptabilité des mesures.

Un Président qui fait donc dans le donnant-donnant, qui dessert l’étau parce que les efforts des français ont payé et qui en demande d’autres tout en leur laissant certaines libertés. 

Président qui appelle aussi à plus de concertation et notamment avec le parlement sur la question très sensible de l’isolement qui pourrait devenir plus contraignant. Des contrôles à domicile et des amendes sur le modèle italien ou espagnol pourraient voir le jour mais à condition de trouver une forme de consensus avec la classe politique qui jusque-là faute d’être associée à la prise de décision a plutôt jouer la carte des critiques. 

Un président qui cherche casser son image "jupitérienne" et ces prises de décisions très verticales. Il appelle à plus de bienveillance, à un moment où de plus en plus de critiques font rage sur une dérive autoritaire du pouvoir et qui a, bien sûr, déjà l’élection présidentielle en ligne de mire. Avec l'idée du rassemblement et de l’unité du pays face aux crises. 

Jérémy Trottin