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Gestion de la crise Covid-19: la France est-elle vraiment le pays le plus généreux?

LOUIS VA PLUS LOIN - Une conférence sociale aura lieu cet après-midi autour du Premier Ministre pour évoquer la sortie de crise. Voilà maintenant un an qu’a débutée la politique du "quoi qu’il en coute". Combien ça a couté?

Près de 170 milliards d’Euros en tout, voilà le bilan d’un an de pandémie, voilà à quel prix l’économie française tente de tenir debout. La mesure la plus coûteuse, c’est le chômage partiel pris en charge à 100%. 9 millions de Français en ont bénéficié au plus fort de la crise, cela représente un salarié du secteur privé sur deux, et ce dispositif est toujours en cours pour plus de 2 millions d’entre eux.

A cela il faut ajouter le fonds de solidarité, qui permet aux entreprises les plus en difficulté d’éponger une partie de leurs pertes, et les exonérations de charges sociales et fiscales.

Entre l’argent qui a été dépensé et celui qui n’est pas renté, faute de recettes fiscales, on arrive donc à 170 milliards d’euros. Et c’est pas fini. Plus de 650.000 entreprises ont contracté des prêts garantis par l’Etat, certaines ne pourront peut-être pas les rembourser.

Lundi soir, à l'issu de la conférence sociale, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les entreprises pourront à nouveau verser en 2021 une prime défiscalisée et exonérée de cotisations sociales de 1000 euros pour "tous les salariés".

"Il sera possible d'en augmenter le montant jusque 2000 euros pour les entreprises et les branches qui auront soit conclu un accord d'intéressement d'ici la fin de l'année, soit ouvert une négociation sur la valorisation des métiers" dits de "deuxième ligne", qui devront être les "bénéficiaires privilégiés" de cette prime, a ajouté Jean Castex.

Le gouvernement répète souvent que la France a été le pays le plus généreux d’Europe, est-ce que c’est vrai ?

Non, et c’est même un organisme rattaché au gouvernement qui le dit, le conseil national de la productivité. Il a comparé les efforts budgétaires des six principales économies européennes, Royaume-Uni inclus et voici la conclusion : la réponse de la France se situe, "dans la moyenne basse".

Les mesures annoncées ont représenté 7.6% de notre richesse nationale, plus que l’Italie, autant que les Pays Bas mais moins que l’Allemagne, l’Espagne ou le Royaume-Uni. D’ailleurs le déficit s’est moins creusé chez nous que chez nos voisins entre 2019 et 2020.

Louis Amar (avec J.A.)