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Gourmette, alliance, téléphone... Mounie se bat pour récupérer les affaires volées de son frère mort à l'hôpital

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - A Aubagne (Bouches-du-Rhône), la famille d'un chauffeur de taxi décédé du Covid se bat pour récupérer ses affaires volées à l'hôpital.

Mounie nous a contacté propos de son frère El Hadi. Chauffeur de taxi. décédé du Covid cet été. Toutes ses affaires, sa gourmette, son alliance le médaillon avec la photo de ses enfants ont disparu pendant son hospitalisation. On lui a même pris son téléphone qui a été déverrouillé alors qu'il était dans le coma.

"Mon frère avait un téléphone, et il a été déverrouillé avec son visage alors qu'il était dans le Coma. Le téléphone a été utilisé ensuite car on a la facture détaillée qui le prouve. Il a été utilisé le jeudi alors que mon frère était déjà dans le coma. Le pire c'est qu'il a été utilisé le vendredi. Mon frère est décédé à 19h30, le téléphone a été utilisé à 23 heures..."

"On se sent blessés. On nous dit que 'ça arrive'. Ce n'est pas normal"

Mounie est persuadée que c'est à la clinique privée de la Casamance à Aubagne que les affaires de son frère ont disparu, puisque c'est là que son téléphone a été déverrouillé. D'ailleurs, après Aubagne, il a été transféré à l'hôpital Nord de Marseille, mais il est arrivé sans rien sur lui, il n'avait rien non plus dans l'ambulance. Plusieurs sources nous l'ont confirmé.

La clinique de la Casamance n'a pas voulu nous accorder d'interview. Elle admet dans un rapport interne qu'il y a eu des "manquements dans la procédure de gestion des effets personnels". Mais pour Mounie, ce n'est pas suffisant.

"On a voulu récupérer les effets personnels de mon frère. Et ça a été le parcours du combattant. On ne nous a pas reçu, on est restés au pied de la clinique. La Casamance a demandé un responsable du service qui n'a pas daigné nous recevoir, on nous a juste appelé pour nous dire que les affaires n'étaient pas là et qu'on ne pouvait rien pour nous.
On se sent blessés. On nous dit que 'ça arrive'. Ce n'est pas normal. On ne récupère même pas ne serait-ce qu'une alliance ou même un t-shirt pour avoir le dernier qu'on avavit avec la personne qu'on aimait le plus au monde. Au nom de mon frère, au nom de toutes les personnes qui vivent la même situation que nous: je souhaite que ça n'arrive plus jamais."

Et ce cas n'est pas isolé. On a rencontré une femme dont le mari est aussi décédé dans cet hôpital et dont les affaires n'ont jamais été retrouvées notamment son téléphone.

Mounie mène un combat pour faire entendre la voix des personnes volées à l'hôpital

Elle veut faire passer un message. Dire que les vols à l'hôpital ça ne devrait pas être une normalité. Elle voudrait que les pouvoirs publics s'emparent de cette question. Surtout qu'aujourd'hui, on est incapable de savoir combien il y a de vols précisément chaque année, les hôpitaux n'ont aucune obligation en la matière.

Et surtout, il y a une sorte de fatalité alors que rappelons le les hôpitaux sont responsables en cas de vol. Ils doivent automatiquement indemniser les patients ou la famille si les objets ont été déposés auprès du personnel ou si le patient arrive comme le frère de Mounie hors d'état de manifester sa volonté.

C'est à l'hôpital de faire un inventaire des biens que le patient a sur lui et c'est l'hôpital qui est responsable en cas de "disparition".

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Marie Dupin (avec J.A.)