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Grasse: deux mois sans eau potable pour 40.000 habitants, et ce n'est pas fini

Les habitants de Grasse (Alpes-Maritimes) n'ont toujours pas d'eau potable après deux mois de contamination.

A Grasse, 40.000 habitants sont toujours privés d’eau potable. Cela fait deux mois qu’ils ne peuvent plus ouvrir leur robinet pour se servir à boire, se laver les dents ou encore nettoyer leur fruits et légumes.

Le 11 décembre dernier, le préfet des Alpes-Maritimes a pris un arrêté interdisant d’utiliser l'eau du réseau à moins de la faire bouillir au moins deux minutes. Car un parasite, le cryptosporidium, a été détecté dans le réseau d’assainissement de l’eau.

Ce parasite, plus généralement identifié chez des chevreaux et des veaux malades que chez l’homme, provoque de violents maux de ventre et une diarrhée aiguë.

Chez une personne en bonne santé, les symptômes peuvent s’estomper en quelques jours mais cela peut poser des problèmes plus sérieux chez les personnes dont les défenses immunitaires sont faibles, comme les personnes âgées et les jeunes enfants.

Une usine de traitement de l’eau est en cours de construction

Le retour à la normale n’est pas pour tout de suite. Les mesures de restriction devraient se poursuivre au moins jusqu’à fin mars, date annoncée de la fin des travaux de la nouvelle usine de traitement de l’eau, capable de détruire le parasite.

Les premiers cas de cryptosporidiose ont été signalés à l’ARS dès le mois d’octobre mais l’arrêté préfectoral n’a été pris que le 11 décembre. Au 15 janvier, 155 cas de cryptosporidiose avaient été signalés.

Depuis deux mois, certains habitants achètent deux packs d’eau minérale toutes les semaines à cause de la contamination. Une situatiob problématique aussi pour Bernard Doco, chef de la cantine de l’école Fenelon. Tous les menus des élèves ont du être revus.

"Les tomates, les pommes... Tous les produits qu'on décontaminait le matin. Sauf que maintenant on ne peut plus les rincer. Maintenant on part sur des légumes déjà prêts, sous vide. Ca traîne et ça devient problématique."

Des habitants réclament déjà des compensations financières de la part de Suez, l’exploitant du réseau d’eau

Il faudra encore être patient… Pour éradiquer le parasite, une usine de traitement de l’eau est en cours de construction, comme l’explique Jérôme Viaud, maire de Grasse.

"La seule chose qui va détruire ce parasite, ce n'est pas la chloration, ce sont les ultraviolets, et c'est pour ça que cette usine a été préconisée. Quand tous les voyants seront au vert, nous annoncerons à la population la réutilisation de l'eau potable."

En attendant, certains habitants réclament déjà des compensations financières de la part de Suez, l’exploitant du réseau d’eau.

Kelly Vargin (avec J.A)