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Grève des médecins généralistes: pourquoi une sortie de crise ne semble pas se profiler

Si le ministre de la Santé, François Braun, a de nouveau critiqué la grève des médecins généralistes mercredi, le mouvement se poursuit. Et l'absence de négociations entre le ministère de la Santé et le groupe "Médecins pour demain", à l'origine du mouvement, ne laisse pas entrevoir une sortie de crise rapide.

Galérer pour trouver un rendez-vous chez le médecin, c'est le quotidien de millions de Français. Et ça l’est encore plus depuis le 26 décembre dernier et le début de la grève des médecins généralistes. Ils réclament des améliorations de leurs conditions de travail et notamment une meilleure rémunération.

Pour l'instant, la grève est prévue jusqu'au 2 janvier prochain, mais elle pourrait être reconduite. En visite au centre hospitalier d'Annecy mercredi, le ministre de la Santé François Braun a une nouvelle fois déploré ce mouvement social. "Il est particulièrement malvenu en cette période d'extrême difficulté pour le système de santé", a-t-il indiqué.

Et après trois jours de grève, la question de la sortie de crise se pose, car la situation ne semble, pour l’instant, pas vraiment s’améliorer.

Vers une réquisition de grévistes?

Pour envisager une sortie de crise, il faudrait que les principaux protagonistes dialoguent ce qui n'est pas le cas. “Médecins pour demain”, le collectif à l'initiative de la grève n'a pas échangé avec le ministre de la Santé depuis 15 jours. Il n'était d'ailleurs pas invité mardi à une réunion avec François Braun et les syndicats.

Et si le ministre assure que sa porte est toujours ouverte et qu'il fera des annonces en janvier, les grévistes ont le sentiment de ne pas être écoutés. Ils menacent d'ailleurs de poursuivre leur mobilisation. En attendant, la situation semble donc bloquée et les autorités pourraient réquisitionner des grévistes.

Quant à la principale revendication, la consultation à 50 euros, elle a peu de chances d'aboutir parce que les négociations avec l'assurance maladie ne vont pas dans ce sens. L'option favorisée serait de remplacer la consultation au tarif unique de 25 euros par trois tarifs différents en fonction des actes réalisés. Les discussions doivent se poursuivre jusqu'à fin février.

Cyprien Pézeril avec Guillaume Descours